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Le millénaire patatien
un conte post-soviétique

par Ostide Calisse

Bref rappel historique : nous sommes en Pologne, à la fin de l’ère communiste, vers 1990. Les pays du bloc de l’est s’apprêtent à connaitre la démocratie et l’économie de marché capitaliste. Monika, fille du dernier despote communiste Wojciech Jaruzelski, est toutefois une sacrée pétasse qui ferait bander un mort, dont les courbes lascives sont considérées comme étant garantes des années de prospérité à venir.
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Peu avant la tombée finale du Rideau de fer, désormais voué à la ferraille, l’orangiste allemand Steinway Von Pianozen vint en visite en Pologne, et alla à la rencontre de Wojciech Jaruzelski à qui il dit de prime abord :

  • J’aimerai ça avec votre fille.

Jaruzelski ravala sa chique, et déplaça momentanément la Pologne en U.R.S.S. pour éviter une éventuelle copulation indésirée de la part du diplomate occidental. Il déclencha ainsi une avalanche continentale de patates détruisant tout sur son passage. Il se ravisa, et déplaça la Pologne vers la Suède alors que le Tiers Monde lui renvoyait des pelures tout en recevant de pleins paniers de carottes en provenance d’Amérique.

  • Merde, fit Jaruzelski, je serai pris à faire un cassoulet végétarien pour notre dernière réunion du Politburo.

Ce qu’il fit, sans se douter qu’un régime patatien déséquilibrerait l’offre de gomme baloune par rapport à la demande de la clientèle de Varsovie, et il dut ainsi prendre congé de son poste pour aller voter pour un parti impopulaire basé en Amérique visant à rendre le régime patatien décadent en le remplaçant par le régime au billet vert.

Lors d’un test à l’aveuglette instauré par le nouveau système de consommation, une vieille paysanne de la banlieue de Lodz affirma que son sandwich – un ticket de jambon entre deux tickets de pain – avait meilleur goût que le dollar qu’on venait de lui offrir en échange, d’autant plus que ce dernier avait passé entre plusieurs mains, la plupart étant sales. On souligna sa méprise en lui montrant comment se servir du billet de banque pour acquérir des produits, mais les magasins étaient vides. Pour les remplir, il fallait de la marchandise, et on ne trouva que des patates.

C’est pourquoi l’effort d’instaurer une économie de marché échoua en Pologne, et que sa population est condamnée à se contenter de patates pour les mille prochaines années.

Trop jeune pour être babyboomer et trop vieux pour être un de leurs enfants, je suis né de parents eux-mêmes trop jeunes pour avoir été beatniks et trop vieux pour avoir été hippies. Dernières publications : L'hypocrite de l'hématocrite, Pochour au centre de l'actualité policière et J'ai clairé mon prêt et bourse. Voir tous les articles par Ostide Calisse

commentations

L'Enfant – 2007.01.31 9:58 PM

Absurde. J’aime ça.

Föv Tuchte – 2007.02.01 12:22 PM

J’adore les patates (mais pas au Cheez-Whiz)… Plaisant, ce fut, à lire. Bien joué.

tamé – 2007.02.01 7:37 PM

Des patates… donc de la vodka !
Quoi de mieux qu’un petit shooter avant le repas -

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