Comment fais-tu pour trouver ça beau,
toi, avec ta vie d’en haut ?
Moi, mes ennuis de minuit
au milieu de la vie,
mes joies si fragiles
si pétrifiées d’argile
réverbèrent des tumeurs
sur mes envies de pleures.
Ma dépression sème
au cœur des fermes
des cultures couleur quiétude,
malgré d’innombrables interludes
entre les pas de départ
et les maisons en retard.
Quand ma tête sera sédentaire
toutes fêtes sédimentaires
s’écrouleront en un festif spectacle.
Le houblon récréatif en est l’oracle.
Parfait, on fera des affaires
avec ces invectives
et ces sottises
propagées partout
avant l’idylle du gourou.
Même s’il ne faut achalander
les regards pourvus de solitude,
qu’il n’y a pas de chat landé
dans la gorge de mon canon,
ils ont naïvement en mâle crié
les chances que j’avais.
Ma voix n’est maintenant qu’un râle créé
de rances « je savais ».
Constipé, refoulant rancoeur,
le vide me ronge l’orifice
en vertu des rares offices
présentés au Sacré-chœur.
Je n’ai que ce seul sentiment :
l’amertume du chien errant
pissant sur son futur fallacieux.
C’est pourquoi mes actes manquants
ont coutume de se mettre en rang
et de saluer cet augure sérieux.
Fureur, terreur, blancheur,
mon bonheur équivaut
à la lenteur des fuseaux
à leur décompte en chœur.
Mes coutumes posthumes, le menton fière,
ont d’anciens doutes dans le cul d’un ours.
C’est tout un noir quand mes paupières
sont closes comme mains à double tour,
mains quémandeuses d’espoir
après l’eucharistie accessoire
où s’offre le pain dans son ciboire
et le vin qu’on ne peut boire.
Dire sans craindre
ce qu’on voit peindre
en fresque burlesque
les jours d’obsèques
avec l’assurance de décrire
la vie-véritable-tout-sourire
me laisse perplexe.
Est-elle si poétique
l’angoisse complexe
qui m’obsède par ses tactiques
pendues à la courbe des tic-tacs
sous lesquelles ma plume traque
des orphelignes fatidiques
qui ne dévies de leur devis ?
Parfois leurs fluides syntaxes aux mots chaos
s’entrechoquent et s’entremêlent,
s’entredéchirent et s’entraident.
Parfois les néants de trop
poignardent par l’arrière
les statues venues d’en haut.
Souvent tout ça prend l’allure d’un radeau
soulevé comme un poids sur mes épaules.
Paniqués sont les rats à l’eau
qui fuient l’escale pour la pôle.
Mais pèse toujours ce radeau
qui m’empêche de nager
et m’apprend à pagailler.
…
J’avoue qu’avec tous ces sous-entendus,
je plante à blanc des arbres sans but
dans vos champs en jachère de chants
dilués dans un concret : terne colorant.
Mais j’ose ce moratoire
cette légende notoire
car par la bande
comme on dit
l’assaut cursif scande
et rebondi.
Tu es l’auteur de ce que je livre,
de mes tracés de pensées ivres.
C’est toi qui es ma foi,
l’exfoliante aura.
Tu es l’essence de ma force
quand inquiet je m’assois sur le sol
parmi les masques greffés
des gens obligés.
Tu es l’appendice de mon torse,
quand en complet je perçois sur le seuil
la mort aux basques des fées
d’enfants affligés.
Tu es géante femme élégante,
et je voudrais apprendre comment te rencontrer
et enfin entendre ta vie se raconter.
Ton discours de tous les jours
m’attire comme le troubadour
hanté d’une âme délinquante.
Je sais que tu n’es pas d’ici
et encore moins de là-bas.
Ta forme solide comme le roc
est le dessin d’un itinéraire baroque
parcouru à dos de radeau
conçu de tes mots rameaux.
Tu viens de loin, très loin,
ton souffle tout aussi lointain
fait sourire mon refrain.
Et dès le matin, le chemin roi
dicte un chant précurseur,
offre toute sa ferveur,
pour que tu foules sa joie.
À travers vagues de lambeaux,
immergé par des habits d’abats,
par des Hommes-pousse-landaus;
pieds moteur d’un Sisyphe naïf,
j’ai parasité un costume samaritain
et c’était le tien nom d’un chien.
Alors ma tête s’est déchaînée,
mon corps a dérivé en sûreté,
la crasse m’a emporté à ma place
et ta main m’a tendu un lendemain.
Mes folies frivoles aux requins,
je ne veux plus être le clandestin
qui porte le fardeau de l’opérateur,
ma voix noie l’approche de l’orateur,
beugle ton nom synonyme de destin.
Mes paumes sur tes hanches
je te dirai de me prendre
d’enterrer tes maux
de regarder en haut
et là, sans expirer l’eau
je serai à toi
en simple bout d’bois
pour incendier tes yeux aqueux
et alimenter le feu joyeux
le maître ravageur des lieux affreux.
Montres-moi ce que tu trouves si bleu !
Maxime n'est pas un poète, il n'a que les doigts jaunis par les cigarettes. Il n'est pas non plus un mammouth. Dernières publications : Henry Ford, Relief et L'Avortement. Voir tous les articles par Mammouth obsolète
