Être à la limite de soi.
N’avoir plus rien à te dire.
Être le dernier homme
qui s’endormira sous peu.
À la limite d’une frontière
mur à mur,
donnons-nous rendez-vous,
sans mère, sans père,
sans fils,
sans esprit sein.
Car aujourd’hui,
je te le dis d’un ton sobre,
d’une austérité noble :
Je ne t’ai jamais aimé
et j’ai tout écrit pour moi.
Je suis une cause perdue
et je t’abandonne dans les bavardages
et les potins de prétentieux.
Je me termine ainsi,
en un revers de la main,
un claquement de doigts,
un résonnement de vers,
en un alléluia,
un amen.
Je te quitte,
de tout mon moi si ivre,
car cette joie éthylique me tue
et je meurs.
Je te quitte pour un dernier verre,
un verre que j’irai boire ailleurs.
Je te quitte pour un dernier tonneau,
un tombeau d’un bois railleur.
Je parviendrai,
de mes dernières forces,
à entraver mes bras nageant
au gré de ce houblon vacillant.
Je ne reprendrai qu’une seule fois mon souffle,
et me noierai qu’une seule fois
dans ces eaux qui s’essouflent.
Ne crains,
ô voix profonde,
je n’émerge point.
Je te prends dans mes bras,
t’étreins et t’étouffe.
Ô comparse aimée et endurée,
ô comparse de mes nuits,
je te couche tout doucement
et te pleure d’une larme salée.
Ne crains,
je n’ai rien omis,
Je n’étais qu’en retard.
Ne me parles pas
de ce lit sans plume,
de ce divan sans fin
qui ne sont, sans l’une,
que des objets peints.
Je te le jure,
peinture obscure,
je t’expirerai,
paysage laqué,
et ce jusqu’à la fin.
Jusqu’à ma fin.
Une fin sans moi
car je serai déjà loin.
Maxime n'est pas un poète, il n'a que les doigts jaunis par les cigarettes. Il n'est pas non plus un mammouth. Dernières publications : À votre vol d'oiseau, Henry Ford et Relief. Voir tous les articles par Mammouth obsolète
