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Pour ceux qui sont étrangers

par Mister Boy

Mon amie Geneviève a écrit :
« Je la tuerais

Je la tuerais cette folle excentrique qui ne rentre pas dans la boîte, je la turerais pour qu’elle ne soit plus dans mes jambes pour que je devienne une femme normale qui mérite le respect, je la turerais pour je puisse devenir comme ma mère, et avoir des enfants, pour me taire et respirer, pour ne jamais déranger personne, pour faire bonne figure à l’église le dimanche, je la tuerais cette salope pour qu’elle arrête de foutre le bordel dans ma vie, pour qu’elle cesse d’exiger la vérité pure, l’expression à tout prix, pour qu’elle ferme sa gueule, je la fouterais dans un cloitre, je lui interdirais les couleurs parce qu’elle en abuse, je lui imposerais le silence parce qu’elle crie comme une perdue, je lui ferais subir ce qu’on lui a fait subir.

Il n’y a pas de planète assez grande pour contenir le trop, pour ceux qui sont étrangers à tout ce qu’on leur propose comme modèle…pas de planète assez lointaine pour exprimer la distance entre vous et moi, je n’appartiens pas à ce monde un point c’est tout. »

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Mon texte est une tentative de réponse et surtout, j’espère, de réconfort :

Pour ceux qui sont étrangers

Pour ceux qui sont étrangers à tout ce qu’on leur propose comme modèle
Pas de visages faciles à reconnaître ou de moules d’amitié
Pas de starter pour mettre ses pieds avant la course
Pas lignes ni de panneaux sur la route…
Tout au plus quelques signes, vagues

Pour ceux qui sont étrangers à tout ce qu’on leur propose comme modèle
Rien de garanti sinon l’imprévu
Pas de bornes, pas de fil d’arrivée
Que des chemins inexplicaples
Où l’on est pas toujours certains
Si ceux passés devant
On laissé la lumière
La lumière, un mot… ou leur propre corps

Pour ceux qui sont étrangers à tout ce qu’on leur propose comme modèle
La chance d’emprunter un peu à chacun
Le droit de visiter les chemins balisés
Toutes les merveilles connues
Et celles que l’on découvre
À coups de dés et d’acharnement
Pour finalement devenir
Ce que l’on doit devenir

Mister Boy, c'est un égo grand comme ÇA dans des souliers trop petits... With Great Powers come Great Catastrophies. Dernières publications : Voter stratégique contre les conservateurs, Le sang dans les voiles et Quatrième tournée. Voir tous les articles par Mister Boy

commentations

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2007.09.05 9:19 AM

J’existe… mais ne le dis pas

Mister Boy – 2007.09.05 11:52 AM

bonne nouvelle, gêne-toi pas pour le dire, je lirais bien un de tes textes.

Yéti-Hyène Saint-Prodige – 2007.09.06 3:45 PM

Pour ceux qui sont étrangers à tout
ce qu’on leur propose comme modèle
pas de recette que des ingrédients éparses
pas d’avenir clés-en-main ni de sens en canne
que de l’affection sans nom à répandre
et l’absence de mots en guise de poésie

Mister Boy – 2007.09.07 3:53 PM

ouain bon, ça t’as pas plu mais ça quand même réconforté l’amie à qui je répondais.

Yéti-Hyène Saint-Prodige – 2007.09.08 7:00 PM

Cher Mister, il y a grosse mésinterprétation ici.

J’aime beaucoup ton texte, sincèrement, et ce petit commentaire poétique n’avait pour but que d’honorer ton travail en lui donnant une continuité, en lui faisant suite, autant que possible, dans le même esprit.

« Pas de visages faciles à reconnaître ou de moules d’amitié », c’est très beau. Petite perle, entre autres.

Belle réponse, somme toute, au petit texte de ton amie, dont je comprends le cri à maints égards.

Solidairement.

Mister Boy – 2007.09.10 9:42 AM

Oups et Yé.

Mister Boy – 2007.09.10 9:53 AM

Vous lirez l’intégrale de son texte, je viens de l’ajouter!

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