Je laisse paraître un sourire
Pour ces vagues agitées
Qui bercent mon navire
Et qui me font rêver
Je suis le capitaine
De ce grand voilier
Je ne sais où je mène
Nos âmes égarées
Emportées par la brise
Douce comme le soleil
Libre et insoumise
Elle me dit au creu de l’oreille
Que depuis des éternités
Elle observe les hommes sur la mer
Et que de l’humanité
Elle conserve un goût amer
Je tente de sourire
Mais je ne peux faire autrement
Que de me souvenir
De ce que m’a soufflé le vent
Les nuages envahissent
Le ciel et mon esprit
Éternellement triste
Sur ce voilier maudit
Parfois la jouissance
Parfois la détresse
Quelle est donc l’essence
De cette vie que je déteste
Je pousse un long soupir
En regardant la mer
Je veux vivre, ne plus subir !
Je dois m’enfuir de cet enfer
L’alcool coûle dans mes veines
La mer se déchaîne
Je bois pour noyer ma peine
Pour alléger le poids des chaînes
Et s’épaississent les nuages
Le soleil n’est plus qu’une lueur
Or, dans un élan de rage
Pour la dernière fois je pleure
Et seul dans le noir
Je m’invente des voiles
Ah j’aimerais tant pouvoir
Encore une fois voir les étoiles
Et je laisse paraître un sourire
Pour cette tempête
Et je me mets à rire
Un éclair dans la tête
Mais dans ma mémoire
Les vagues se sont calmées
Le capitaine est mort
Le navire a coulé…
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