Il était une fois, en 1987, un violoniste virtuose français menant une grande carrière internationale. Il avait à l’époque la chance de posséder l’un des vingt plus beaux violons au monde. Le stradivarius Kochanski est un joyau datant de 1717, l’âge d’or du maître de Crémone Antonio Stradivari. L’un des propriétaires précédents de l’instrument a été le tsar Nicolas II de Russie. Il a survécu à la révolution bolchevique et sa caisse n’a pas varié d’un millimètre depuis trois siècles. L’instrument a une valeur qui se situe probablement aujourd’hui entre 4 et 6 millions d’euros. Inutile de préciser qu’il est assurable, mais irremplaçable.
La scène se déroule à Saluzzo, dans le nord de l’Italie, où le violoniste est venu donner une classe de maître. Sa Porsche 911 (probablement rouge), est garée devant l’hôtel. Il paie sa note, commence par ranger son violon dans le coffre. Les clefs de la voiture traînent sur un sac. Le temps qu’il s’en aperçoive, un type a déjà enclenché la première vitesse. Valentino Giordano, alias le Gitan, plus connu pour ses talents de braqueur que pour son instinct de mélomane, a-t-il volé le bolide ou le stradivarius ? Le violoniste se souvient que ce bref instant de mégarde lui a valu sa première mort. « Je voyais mon violon partir et j’ai eu l’impression que mon corps se vidait de son sang et de son âme. »
Durant quatre ans, le musicien va mener une enquête qui le conduira au bord de la schizophrénie. Avec des violons d’emprunt, il continue de triompher dans les salles de concerts du monde entier, mais son esprit, chaque soir, reste en coulisse. Les bravos ne le distraient pas de sa mission. Il ne veut pas être l’homme qui, dans un moment d’égarement, a privé l’histoire de la musique d’un des fleurons du patrimoine. Les durs de la Carnazza ont bien essayé de revendre le violon à Hong Kong ou au Japon. Mais le stradivarius était trop connu.
Le violoniste fera tout en son pouvoir pour remettre la main sur un violon qu’il avait acquis en 1975 et dont il venait tout juste d’acquitter la dernière traite. Il engagera des détectives privés, passera des petites annonces de collectionneur véreux pour appâter les malfrats, traquera les informateurs jusque dans les arrière-salles de bistrots sordides. Il finira même par payer 250 000 dollars pour faire sortir un mafioso de prison et tendre une embuscade fatale aux ravisseurs sur l’autoroute Milan-Turin.
Grâce aux (dispendieux) services d’un avocat de Rome reconnu pour se spécialiser dans les cas de litige difficiles avec les mafieux et la coopération des carabinieri italiens, le violon fut retourné à son propriétaire original, en parfait état.
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C’est une histoire que j’avais souvent entendu raconter. Je viens de découvrir que l’histoire a été racontée dans un livre, que vous pouvez voir ici :
http://www.amazon.ca/Pour-lamour-stradivarius-Pierre-Amoyal/dp/2221094735
Diplômé de l'Université du Commerce de Ouagadougou, Zipnick Zippenson est à la tête des opérations financières de l'empire Pochour.com Dernières publications : À VENDRE - 20 morceaux de robot et Pochour Animation Studios.