Dans la même lignée que régurgi de félin ou de lendemain de brosse d’une wannabe-rockstar, je vous présente un texte d’un niveau de littérature, je dois le dire, relativement peu élevé. Mais bon… Qu’est-ce que la littérature ? dirait Jean-François Proulx.
Voilà, je dois le dire, j’avoue, ne me rejetez point, je suis cholaphobe. J’ai une peur bleue, maladive, démesurée, de vomir, de la bile, de renvoyer, de me taper un péristaltisme inversé (merci Turbotte).
J’haïs ça, pour mourir, je sais pas, j’suis pas capable pantoute. Comme l’autre avec ses araignées ou Gros Pet avec les salles de bain. Tout simplement NON.
La dernière fois que j’ai vomi, je devais être en secondaire 1. Pour préciser sans donner trop de détails inutiles, ça remonte à environ 12 ans. Ça fait 12 ans que j’ai pas vomi, pis j’ai pas l’intention de briser ça demain. Mais ! Oh ! Mais ! Ça se peut que ça soit pas moi qui décide pis que mon corps décide qu’il veut vomir (pour plusieurs raisons qui pourraient quasiment être bonnes). J’veux dire, hey, un moment donné, un corps, faut que ça vomisse, c’est pas comme un changement d’huile ça ?
Énéoué.
Donc c’est ça, je suis là que je me retiens pendant des heures, que je prends des grandes respirations, assis, debout, pas étendu parce que la plupart du temps c’est juste pire, avec un mal de cœur au bord des lèvres ou un mal de ventre qui fait faire des backflips à mon système intestinal. Pis je retiens, pis je me retiens, pis c’est à peine si je ravale pas…
Consciemment, je choisis d’endurer le mal de cœur/ventre pendant des heures, oui, oui, au lieu de tout simplement me laisser aller pis de tout faire tomber ça dans le bol. Le tout produisant un son des plus féériques; flaque de vomi sur eau de toilette, flok flok flok… Je dis « laisser aller », mais bon, j’imagine que c’est comme ça, depuis le temps j’ai carrément oublier le « feeling » de vomir, mais j’ai pas oublié que je l’haïssais. Ça m’écoeure pis j’suis sûr ça m’écoeure encore, même pas besoin de vérifier…
Pis pour la plupart d’entre vous, c’est tellement facile, vous me direz, ça fait tellement du bien, que vous dites, après ça c’est fini, pis ça passe. Sûrement. Pis le pire c’est que je vous crois. Mais, pas moi. Désolé.
Pis pour plusieurs autres raisons, ces temps-ci, j’ai mal au ventre, au cœur. Pis c’est là que je rentre dans la passe un peu plus feeling. Moi, moi-même, quand je file pas, quand j’ai des bons tourments dans ma tête, pas juste quand je file pas physiquement, bin moi, ça me tombe dans le ventre, pis dans le cœur. Quand j’suis tout croche, j’ai une envie incessante de gerber, j’ai le ventre qui m’étire pis la sauce dans le fond de la gorge.
Pis là je fais des liens.
Comme du vieux vomi pogner au fond de mon estomac, peut-être que c’est mes problèmes que j’ai au fond de l’estomac, peut-être que c’est moi que je retiens depuis tout ce temps. Pogner entre deux petites flaques d’acides digestives. Du moins, une partie de moi. Peut-être que je l’écrase loin au fond de moi parce que pour le sortir j’ai de quoi de trop éprouvant (à mes yeux) à faire pour tout faire sortir. Peut-être que le jour où je vais enfin vomir, tout va sortir, que ça va me libérer. Simplement.
Peut-être. Peut-être pas.
En tous les cas, j’espère que la prochaine fois que je vais vomir sera pas rétroactive pis que je vais gerber toutes les autres fois que je me suis retenu… Parce que sérieux, y’aura pas de toilette assez grande. Va falloir je vomisse dans le bain, pis, sérieux, vomir dans le bain, c’est pas hot…
Troisième d’une famille de quatre enfants, Föv est en fait une des tétines de Paul Francoeur. Dernières publications : L’église magique, There is a light et Rectal duplication. Voir tous les articles par Föv Tuchte
