La pluie. Tes souliers n’étaient plus secs. Un petit ruisseau prenant source dans tes cheveux se jetait entre tes seins. Au passage, il caressait ton doux visage que je connais si bien. Nous étions en retard comme à l’habitude. Nous avions encore quitté la maison sans respecter l’horaire fixé. Pour la même raison. J’arrivais à peine à te réchauffer sur le quai. J’avais beau couvrir deux fois l’ensemble de ton petit corps, tu grelottais. Tout égoïstement, je me souviens avoir apprécié ce chat qui ronronnait en toi et qui te faisait trembler des pieds à ce cheveu le plus rebelle. Notre retard n’était pas comparable à celui du train. Je ne sais pas si tu pleurais ou si c’était la pluie, mais tu n’aurais pas pu être plus près de moi. Tu profitais de toute ma chaleur.
Maintenant tu dors. Ta tête est encore humide, mais tes souliers sont secs. Je regarde ton sourire et ne peux m’empêcher de m’imaginer dans un petit bateau parcourant ton petit ruisseau. En fait, je devrais marcher sur son lit maintenant que la crue est descendue. Ta peau est évidemment encore ferme et tes muscles contractés, mais ton corps est serein. Tu veux toujours prendre le train. Tu dis que c’est romantique. Je veux toujours prendre le train. Tu dis que c’est romantique. Il y a des choses qui n’ont plus à être éclaircies. Je sais que tu rêves et que ce sourire est pour moi. Je me sens heureux.
Tu descendras avec ton sac préféré à l’épaule. La première chose que je remarquerai est que la couleur de ton visage se marie parfaitement avec le drapeau bleu et blanc. On croira que tes cheveux n’ont jamais connu la pluie. Ils paraîtront plus blonds. La brise de mer aura bien fait de soulever une poignée de sable qui se collera sur ta peau pour le reste de ta vie. Tu seras nue. Je te dirai que tu es belle. Tu feras semblant de ne pas me croire. J’insisterai… t’sais les gars.
Jocelyn est considéré par plusieurs comme le plus grand des plus grands. Le domaine de grandeur n'est toutefois pas encore spécifié. Dernières publications : huicenmête ènedégueule, Comment se faire casser par un vrai journaliste. et Jules Lafère, portrait d’un homme pillé.. Voir tous les articles par Jocelyn (ketch) bissonnette