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Anna et le NordNeDodoHR

par L'Enfant

Rouge,
orange,
jaune.
Vert,
bleu,
indigo et
violet.
De l’or,
beaucoup d’or,
trop d’or…
BOUM !
Le popotin directement dans la marmite.
OUCH !
Tout près, un farfadet.
Ma mère m’a toujours interdit de parler aux étrangers, surtout ceux de l’autre sexe, mais lui, il a l’air gentil. Je pourrais même dire qu’il a un petit air rigolo avec son chapeau melon et ses grosses bottes en cuir. Et puis… comme il n’y a personne d’autre aux environs, sinon toi et moi, je ne verrais pas pourquoi je n’irais pas lui poser quelques questions. AH ! Il approche ! Il s’en vient vers nous. Il m’a vu. J’ai peur.

  • Ôlla iot !
  • Hello… hum… Sorry, I do not speak English…
  • Nieh ? Tse’uq-ec euq ut sid ?

Qu’est-ce que je fais ? Je connais juste cette phrase-là, moi, en anglais ! C’est la seule que mère m’ait apprise quand on est allée en Angleterre !

  • Allô ?
  • Ôlla !
  • Je m’appelle Anna.
  • Anna ? Tse’c nu neib iloj mon ! Iom, tse’c Cul !

Il a dit mon nom… Il comprend le français alors !

  • C’est quoi ton nom à toi, farfadet ?
  • Cul.

Ha ! ha ! Il s’appelle Cul ! C’est un peu vulgaire comme nom, mais ça me fait du bien de rire. Il ne faut pas que je ris…

  • Dis-moi, Cul, on est où ici ?

Oh ! oh ! Je n’aurais peut-être pas dû lui demander ça, il a l’air choqué tout à coup…

En effet, la petite Anna avait complètement horripilé le farfadet en prononçant son nom comme un vulgaire synonyme de fesses. Vous aurez compris qu’il ne se nommait pas Cul, mais bien Luc. Et Luc, avec tous les pouvoirs qu’il possédait, avait déclenché le tonnerre et tous ses éclairs. L’arc-en-ciel sur lequel Anna était arrivée avait subitement disparu avec son ami le soleil. Anna s’était aussitôt cachée derrière un buisson et elle pleurait maintenant à chaudes larmes avec son seul ami, Roman.

Roman, Roman, aide-moi s’il te plaît ! Arrête de faire la carpe et aide moi…

  • En m’elleppa sulp siamaj emmoc aç, ut sa sirpmoc ?

Anna pleurait encore plus fort, puisqu’elle ne comprenait ni ce que le farfadet lui disait, ni pourquoi elle était là, ou plutôt ici. Elle pensait aux bras de sa maman, qui savaient si bien la réconforter dans les durs moments. Et le chagrin d’Anna calma Luc, qui arrêta le mauvais temps et qui prit la fillette par la main pour l’emporter dans un désert où le soleil brillait encore plus. Luc croyait à tort que c’était la température qui turlupinait la pauvre enfant perdue, ce qui n’était pas vraiment le cas, mais Anna cessa tout de même ses pleurs.

  • Il fait chaud ici, farfadet…J’ai soif. J’ai faim. Je veux détaler d’ici et voir mère. Rapporte-moi chez-moi, s’il te plaît…
  • Ej sius éloséd Anna, saim ej n’ia sap al élc… Elues iot-emêm tuep et ritros ud ednom sed sesirprus… Éloséd… Saim ej xuep et rennod nu ecidni, rap ertnoc ! Ut sarevuort, à l’rueirétni ed Namor nu eblub. Etnalp-el.

Luc rapporta Anna au pied de l’arc-en-ciel qui était réapparu, et POUF ! il plongea dans la marmite d’or et disparut. Anna se retrouva à nouveau seule avec Roman. Ne sachant pas par quoi commencer pour retourner voir sa mère, elle se mit à écrire ce que le farfadet venait de lui dire.

Oh ! mais, mais… je comprends maintenant ! Le farfadet ! Il ne se nommait pas Cul, il s’appelait Luc. Ce tartarin ! Il prononçait les mots à l’envers ! Ah la la. Alors si j’ai bien écrit, il vient de me dire… De me dire que… qu’il est désolé, car il n’a pas la clé. Il n’y a que moi qui peut me sortir de ce monde et qu’à l’intérieur de Roman, je vais trouver un… un bulbe, que je dois planter. Roman !

Anna sortit Roman de sa poche, l’ouvrit, et trouva, au beau milieu, une toute petite graine. Anna, toute ébaubie face à cette découverte, se demandait où elle pourrait bien la semer. Comme elle ne voulait pas encore se perdre plus, elle la planta juste à ses pieds, qui étaient aussi le pied de l’arc-en-ciel.


Cela faisait plusieurs temps qu’Anna était atterrie au monde des surprises et son estomac la chatouillait. Elle se souvenait d’avoir vu de tout petits fruits près du buisson de tout à l’heure et y gambada du même pas.

  • Mmmm ! des baies ! Mmmm ! des bleuets ! Des cerises ! Mmmm ! des fraises ! Mmmm ! des framboises et des mûres ! Mmmm…

Anna s’empiffra comme ça pendant quelques temps, jusqu’à ce qu’elle en soit nauséeuse. Elle avait tellement engloutie de petits fruits et si rapidement, qu’elle se mit à halluciner. Un gros bonhomme suintant à dos de fouine galopait à vive allure vers la petite fille toute naïve. Mais ce gros bonhomme était bien réel, du moins dans le monde des surprises…

  • Uh ! Stop ! Lutsa la nejeu ! Quebarem sur ma nefoui, tonton Vetagus va te trermon de lesbel sescho !
  • Hum…

Pas un autre ! Je comprends encore moins ce qu’il dit celui-là… OUCH ! mon ventre… En plus, il n’a qu’un seul sourcil ce farfadet-là, ça lui donne l’air méchant. Je veux qu’il parte et me laisse tranquille. En même temps, j’aimerais bien qu’il m’aide un peu… Qu’est-ce que je devrai faire quand le bulbe de Roman sera éclos ? Oh ! peut-être qu’il comprend le français lui aussi !

  • Je m’appelle Anna, je suis seule et perdue. Je suis arrivée en glissant sur l’arc-en-ciel et maintenant, je veux retourner chez-moi et voir ma maman. J’ai planté un bulbe à côté de la marmite. Avez-vous un indice pour moi ?

Anna mesurait plus que trois pommes, était intelligente, mais encore très naïve. Trop naïve. Elle avait exposée sa situation entière à un inconnu et cet inconnu bien réel n’avait pas d’aussi bonnes intentions que son confrère Luc…

  • Ha ! ha ! ha ! ha ! Lezal ! Temon avec moi, et je te rainedon un cediin une fois dusren à mon teauchâ!

J’ai rien compris, mais je crois qu’il veut que je grimpe sur sa… son… sa bestiole. Je veux voir ma maman. Peut-être qu’il va me rapporter à la maison ! De toute façon, ça prend du temps à croître une plante…

  • Je veux bien venir avec vous, monsieur…?
  • Vetagus ! Tonton Vetagus !

BEURK ! Tonton Vetagus, c’est pas joli du tout ! Et ça ne lui fait pas bien du tout non plus ! Il a un gros bedon flasque, un seul sourcil, et sa… hum… bestiole, il y a de gros filets salivaires qui y pendent… c’est dégoûtant ! Mère ne voudrait jamais que je grimpe là-dessus, en plus que le farfadet, il m’est inconnu !

Anna grimpa sur la fouine trop petite pour deux et tonton Gustave l’emporta à son immense et grotesque château, à des milliers de pas de fouine du pied de l’arc-en-ciel, mais à seulement quelques mètres dans le monde des hommes. Gustave fit monter Anna dans la tourelle du château, à peine haute de trois mètres, ce qui est très haut pour un simple farfadet.

  • Mais qu’est-ce que tu fais Tonton Vetagus ? Pourquoi il y a des chaînes sur le sol ?
  • C’est pour euxim te german mon fanten ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !
  • Lezal, checou-toi et sepore-toi nanttemain. Lezal ! dors, fleron, veba !

Tonton Gustave attacha Anna, sortit, descendit la tourelle et puis laissa le temps à la petite proie de s’endormir, qui ne demandait pas mieux. Pendant son lourd sommeil, la petite fille rêvait à sa mère. Tonton Gustave l’entendit parler et monta en haut de la tour, pour la gronder de ne pas encore dormir.

  • Mentcom ça tu ne dors pas tetipe tesot ?
  • Mère ? Non, laisse-moi dormir mère, tantôt je le ferai. Je ferai tout ce que tu voudras, parce que tu es la meilleure mère du monde, mais là laisse-moi dormir, s’il te plaît, je suis épuisée.

Le farfadet trouvait Anna bien tarabiscotée pour une simple fillette, mais cela ne l’empêchait pas de la lorgner et il se mit au boulot.

  • Naan, Naan ! Leveilré-toi ! Il est l’reheu de me tremet à bleta ! Lezal ! Lenouilgea-toi sur ce lit de lepail, et mefer les yeux !
  • Mais qu’est-ce que tu dis, Tonton ? Je ne comprends pas ce que tu dis…

Tonton Gustave venait d’ordonner à Anna de se mettre à genoux sur son petit lit de paille et de fermer les yeux, puisqu’il avait une surprise pour elle. Anna ne comprenait pas ce que l’affreux farfadet désirait, jusqu’à ce qu’il s’agenouille lui-même et qu’il se relève en grognant.

  • Ah ! tu veux que je m’agenouille ! Il fallait le dire Tonton Vetagus !

Anna, toujours aussi naïve, ne comprenait pas ce qu’il allait lui arriver… Elle se mit les genoux sur la paille et le loubard sortit d’une de ses poches à fermeture éclair une toute petite bestiole. La nénette se demandait bien ce que c’était et, intriguée, elle la caressa.

  • Comme c’est rigolo ! La bestiole, elle monte tout doucement, comme si c’était toi qui la manipulait avec une ficelle ! Je peux lui donner un bis, dis, Tonton Vetagus ?
  • Ha ! Ha ! mais enbi sûr, je ne te l’ai trémon que pour ça ! Tu peux memê la drepren nsda tes mains, mais tu dois être très tecalidé avec leel, tu m’as priscom ?

Anna, comprenant que c’était correct, déposa tout doucement ces mains autour de la bestiole et se mit à lui donner tout pleins de bisous sucrés. Ces bisous excitaient la petite bête qui était devenu raide et la tête très haute, comme si Tonton Gustave avait encore plus tiré sur la ficelle qui la contrôlait. Et tout à coup, Tonton cria très fort…

  • BEURK ! Tonton Tagusve… la bestiole. Elle m’a craché dessus ! C’est dégoûtant ! Je veux me nettoyer.
  • Aisou, aisou, vas dans la nesicui en bas, et yetonet-toi.

Le farfadet au gros ventre flasque détacha la petite fille, puis s’étendit sur la paille chaude. Anna descendit rapidement à la cuisine, se débarbouilla le visage, puis, n’ayant pas aimé son expérience avec la bestiole de Tonton Gustave, décida de s’enfuir du château et de retourner à l’arc-en-ciel, là où elle avait laissé son cher Roman et le fameux bulbe. Une fois tout près de la marmite…

Oh ! Wow ! Qu’elles sont jolies les fleurs roses de mon ancien tout petit bulbe ! Il a grandi et il est gigantesque maintenant. C’est un vrai arbre, avec un grand tronc. Roman ! je suis contente de te revoir. Je m’excuse de t’avoir oublier ici, mais tu comprends que j’étais préoccupée à retrouver mère pour ne pas me faire gronder… Mais sache que je ne t’aurais pas laissé dans le monde des surprises. Oh que non ! Les surprises ne sont trop amusantes ici… Regarde Roman ! Tu as vu le bel arbre ? Ses fleurs sont tellement belles et tellement grosses que je pourrais grimper dessus pour regarder l’horizon, tu te rends compte ! Allez, viens Roman, tu grimpes avec moi !

Anna se mit à grimper sur les grosses fleurs du rhododendron, elle grimpait, se hissait, escaladait et gravissait toujours plus haut. Elle avait la tête dans les nuages quand elle se rendit compte qu’elle était enfin arrivée au sommet.

Roman ! Roman ! Je vois la maison de mère là-bas ! On est revenu à la maison, Roman ! Vite vite ! Allons voir mère avant qu’elle ne me tabasse…

Anna courut jusqu’à la grande villa en briques de celle qu’elle appelait sa mère puis quand elle ouvrit la porte, la marâtre, du haut des escaliers se mit à lui hurler :

  • Tudieu ! Où étais-tu passée sale négresse ? Depuis ce matin que j’attends que les carreaux soient cirés et que la lessive soit lavée ! Allez, lave tes mains et mets-toi à l’ouvrage immédiatement, sinon je te rejète à la rue !
  • Mais mère, ce n’est pas ma faute, c’est celle de Roman, il m’a transporté dans un monde de surprises…

L'Enfant gazouille, babille, bamboche et galope avec ç q y p g j et tout ce qui a des pattes. Dernières publications : Du toi au nous, je te haimes., comme un ballOn et PM22. Voir tous les articles par L'Enfant

commentations

Föv Tuchte – 2006.11.28 8:03 AM

Un genre de remake d’Alice aux pays des merveilles… Intéressant, mais le contenu est un brin dilué par la forme à la longue.

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