À chaque fois qu’il la voit, il sent ses bronches se refermer sur elles-mêmes. À chaque fois
C’est immanquable
Aussi certain que lorsqu’un ballon éclate, on entend un enfant pleurnicher dans les secondes qui suivent.
Comme si la vie voulait l’empêcher de dire quelque chose de stupide. Comme si l’air qu’elle amenait à l’intérieur de son aura était trop pur pour ses poumons encrassés.
Et s’en suit une longue réaction en chaîne.
Il prend sa pompe bleue une fois, inspiration
Il prend sa pompe bleue une autre fois, expiration.
Avec toute la discrétion que peut procurer l’agitation énergique de la dite pompe, et son bruit caractéristique, qui s’approche de celui de la respiration d’un astronaute en orbite.
Ensuite…
La gorge pique.
Comment faire pour se gratter la gorge…
Eeeeh… avec la langue ?
La langue est malheureusement une fonceuse, elle va à merveille vers l’avant, mais n’a pas de regret, pas vers l’arrière.
Il n’y a pas plusieurs organes de son propre corps qui sont façonnés pour joindre l’intérieur de la gorge, donc, se racler la gorge par bruits incongrus et remuage énergique d’air semble le meilleur choix.
Tous les onomatopées de ce monde ne parviendront jamais à représenter fidèlement les bruits encourus par cette technique.
Ensuite…
Le coeur bat de façon arythmique. Mais ce n’est pas à l’amour que c’est dû, ni même à une passion de fin de soirée. C’est simplement comme ça. Puisque le coeur bat à un rythme aléatoire, les diverses vibrations qu’il crée se répercutent à la grandeur de la cage thoracique. Et puisque tout se côtoie de près ou de loin dans un corps humain, tout est déréglé.
Et il a l’impression d’être une représentation ancienne d’Olive, la compagne de Popeye dans les dessins animés d’antan, lorsqu’elle appelle à l’aide. Ses bras ondulant tels des cobras prêts à surgire.
Ensuite…
Lorsque le tout ondule, les cordes vocales se mettent de la partie.
Ainsi que la vision.
Des points blancs et noirs qui s’altèrnent sur fond réaliste, comme une tache de peinture échapée sur une toile hyperréaliste.
Les jambes flanchent, la main tremble.
l’ombre n’est plus l’ombre d’elle-même
Je crois que la meilleure image pour exprimer ce qu’il ressent en ce moment, c’est une ville fortifiée du Moyen-Âge qui sait que l’ennemi charge pour faire tomber la palissade, mais la population au complet de la ville est rongée par la peste noire.
Ensuite
Elle s’approche de lui, et la bataille infernale du bleu, du vert et du gris de ses yeux s’unissent pour le fixer au plus profond de son âme.
Ses lèvres rosées s’ouvrent pour faire charger la cavalerie :
« Est-ce que ça va? »
Et les yeux fermés, le corps en convulsion, il ne peut laisser qu’échapper une chose… :
« tousse tousse »
Calissa L'avalé s'est levé un soir et s'est dit qu'il devrait changer sa notice biographique. Malheureusement, il n'y est jamais parvenu. Dernières publications : PM19, PM13 et St-Laurent Travaux. Voir tous les articles par Calissa L'avalé
