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L'histoire de Personne
Préambule

par L'Enfant

Le début de rien n’est important
jusqu’au jour où il devient.

Tout commence ici, maintenant. C’est mon but d’amorcer quelque chose de concret. Mon but ultime d’arriver à une conclusion, d’arriver au début de la fin. La fin de rien, la fin d’un je-ne-sais-quoi se passant dans une partie de ma tête. La fin du vide intérieur qui m’habite, peut-être bien. Je ne sais pas, je ne me suis jamais psychanalysée, je n’ai jamais disséqué mon cerveau.

Tout aussi petit que puisse paraître l’insignifiant pour quelqu’un, aussi grand il peut l’être pour quelqu’un d’autre. Je suis n’importe qui, je suis tout le monde en même temps, mais je suis moi avant tout. Moi, je suis Personne. Cette histoire est la mienne, mais elle pourrait être celle de quelqu’un d’autre, celle de tout le monde perdu au milieu de nulle part. Parce que je baigne dans le néant, je ne suis derrière et devant rien. Tout est vide autour de moi et tout est vide à l’intérieur aussi. J’essaie d’évacuer ce fond vide pour laisser place à tout, j’essaie de devenir quelqu’un, mais le défi reste grand, colossal, vertigineux.

Pour et quoi. Deux mots, qui une fois rassemblés, n’en forment qu’un seul. À force de l’observer et de l’écrire, on peut se mettre à douter de l’utilité de l’union de ses deux composantes. Une fois unis, ces deux mots forment la question que je me pose depuis toujours, enfin depuis que j’existe, depuis qu’un spermatozoïde X a pénétré dans l’ovule Y pour me créer, moi. « Pourquoi » est la question qui me fait réfléchir, c’est la question qui me permet d’écrire, c’est la question qui mène ma vie par le bout du nez et ma main par le bout de la plume. Je voudrais savoir pourquoi, mais en même temps je ne veux pas. Je le sais déjà un peu, mais je voudrais approfondir les réponses que je n’ai pas, les réponses enfouies quelque part dans la boîte de mon crâne ou dans celle d’un autre.

L'Enfant gazouille, babille, bamboche et galope avec ç q y p g j et tout ce qui a des pattes. Dernières publications : Du toi au nous, je te haimes., comme un ballOn et PM22. Voir tous les articles par L'Enfant

commentations

Yéti-Hyène Saint-Prodige – 2007.05.15 8:44 PM

Hum… bien dit… voyons ce qui s’envient…

Mister Boy – 2007.05.16 9:09 AM

J’aime moins cette partie de l’histoire de personne que la suite… c’est bien écrit pourtant.

C’est une question de goût seulement mais j’ai quand même envie de partager ma perception. Pour moi, ça manque un peu d’images et de faits… beaucoup de mots conceptuels pour peu de mots concrets…

Dur de m’expliquer mais j’essaie quand même. Si je cherche les mots ou les situations que je pourrais dessiner dans chaque paragraphe :
Paragraphe 1 : tête, cerveau.
Paragraphe 2 : ?
Paragraphe 3 : ovule, nez, plume, crâne

C’est pas mauvais ou bon mais personnellement, je préfère un langage plus imagé dans une histoire et conceptuel dans un essai ou qqch de philosophique.

Voilà. De là à dire qu’il faut le changer??? Il est bon ce texte.

Doright – 2007.05.18 9:53 PM

(Avant de lire le premier chapitre)

Ce préambule me touche. Il me semble qu’une grande profondeur s’y dégage.

Que je me dis : tu es née, vivante, de la mort d’un ovule et d’un spermatozoïde. Tu es la continuité de ce qui est fondamentalement discontinu. Enfin…

Question cruciale si l’en est une : qui suis-je ? LA question sans doute. Intéressant d’y voir dans la définition de nous-même en premier lieu une personne comme une autre. Nous nous désignons fondamentalement de façon impersonnelle. On pourrait aussi bien dire « je suis » que « le je est ». Voilà – je suis (une) personne, n’importe qui, mais moi avant tout. On peut justement le dire de n’importe qui. Paradoxalement, même et singulier pour tous, du moins ceux que l’on considère comme des humains, c’est-à-dire que ce qui nous constitue comme sujet est (du moins cela semble l’être, c’est discutable) cette capacité de se dire que « Je » suis, j’en ai conscience.

Aussi, c’est une façon (très angoissante je trouve) de se représenter l’existence comme provenant du néant. En fait, je me demande (probablement très naïvement) comment peut-on être (constamment, en plus!) au centre de ce néant ? Où sont les limites de ce néant ? Je suis aux portes de mon inculture…

Je te cite : « J’essaie d’évacuer ce fond vide [l’intérieur vide] pour laisser place à tout, j’essaie de devenir quelqu’un, mais le défi reste grand, colossal, vertigineux. »

Je te le dis, moi qui ne supporte pas la pression, moi qui suis allergique à la performance, je me dis que je suis quelqu’un et que le respect qu’on doit me porter en tant qu’humain est aussi grand (et il l’est) que celui que je dois ressentir envers moi-même. Devenir, c’est inventer, c’est créer, c’est se remettre en question, c’est être à l’écoute du potentiel vital qui te traverse et de dire « oui » à cette force.

On sent la prise de conscience, ce qu’on voudrait parfois (parfois souvent) nier. Si défi il y a, c’est bien là, dans ce courage de se comprendre (/cum/ « avec  » et prehendere « prendre, saisir  »), donc de s’approprier soi-même en se mettant entre parenthèse, c’est-à-dire en existant (/exister/ « sortir de  »). Ce regard que tu t’auto-demandes, c’est un acte courageux dans un beau projet, celui de devenir ce que tu es déjà en potentiel. Je m’arrête ici pour lire ce texte sûrement dur mais touchant.

L'Enfant – 2007.05.19 12:16 AM

Vous êtes encourageant, c’est l’fonne. J’ai la moitié du roman d’écrit, mais je ne crois pas mettre la suite sur Pochour, tsé veut dire, je garde des privilèges pour les gens du vrai monde et les vraies personnes…

L'Enfant – 2007.05.19 12:17 AM

J’apprécie les analyses que vous faites :)

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