Je connais quelqu’un qui, plutôt que de dire : Je n’aime pas
Il dit : C’est d’la marde. Après tout, dit-il, c’est lui qui parle. Il ne parle pas pour les autres. S’il dit que c’est de la marde, c’est lui qui parle. Sans égards pour celui qui l’entends. Il dit que les idées des autres sont arriérées, c’est dla marde. Y’aura toujours dla grosse marde tant que la religion sera existante. Il a toujours raison parce qu’il parle toujours pour lui-même.
Je connais quelqu’un qui baisse les yeux et s’applique à regarder le plancher quand on parle politique, religion, droit, économie, écologie. Il a toujours raison parce qu’il ne se prononce jamais.
Je connais quelqu’un qui parle toujours plus fort que les autres. Il a toujours quelque chose d’intéressant à dire. Il a une opinion sur tout. Son opinion vaut la peine d’être entendue, plus fort et plus vite que celle des autres. Il n’y a pas de failles à ses raisonnements. Il a toujours raison parce qu’il a réponse à tout.
Je connais quelqu’un qui ne fait pas souvent le bon choix. Il a toujours une justification raisonnée, logique à ses erreurs. Il veut réussir sa vie, il ne veut pas avoir de regrets. Pendant qu’il se demande s’il passe à côté de quelque chose, il ne prend aucun risque, au cas où il ferait le mauvais choix : sa vie lui passe en-dessous du nez. Il ne fait jamais d’erreur parce qu’il peut toujours expliquer pourquoi.
Je connais quelqu’un qui ne s’excuse jamais. Parce que s’il a dit quelque chose à un moment donné, même quelque chose de blessant, c’est parce qu’il l’a pensé. Il n’a pas à s’excuser de penser. Il a toujours raison. Parce qu’il a toujours raison.
Je connais quelqu’un qui coupe la parole à tout le monde. Et qui demande constamment de le laisser parler. Je connais quelqu’un qui a peur jusque dans ses os d’être trompé. Pourtant, c’est lui qui trompe. Je connais quelqu’un qui ment et qui exècre l’hypocrisie. Quelqu’un qui déteste qu’on le fasse attendre mais qui est toujours en retard.
Qu’est-ce qui nous effraie réellement ? Ce que les autres sont capables de faire ou ce dont on est capable ? Quand est-ce que la liberté d’expression est devenue une façon d’empêcher l’autre de penser par lui-même, de croire, d’être différent ? Quand est-ce qu’on a commencé à se taire devant quelqu’un qui parle plus fort que nous, avec plus de conviction, de ferveur ? Quand est-ce qu’on a commencé à justifier nos erreurs plutôt que de les réparer ? Quand est-ce que le « monde » c’est devenu le nombril de chacun ? Quand, a-t-on tous eu soudainement raison ?
Écouter
Avouer son ignorance
Remettre en question
Avouer ses faiblesses
Reconnaître ses torts
Demander pardon
Dire « Merci »
C’est passé date.
Rackham est le résultat psycho-paranoïde d'une sorcière brûlée au moyen-âge Dernières publications : Message d'intérêt pochourien, Si s'écrouler peut aller moins vite et Grenoble in the mountains. Voir tous les articles par rackham
