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Égarements nostalgiques

par Étienne Després

Une boîte oubliée, sorte de débaras pour souvenirs inavoués : reliques négligées que je ne me suis pourtant pas résigné à jeter.

Des objets : un cartable bleu défiguré, inscrit d’un côté « c’est long », de l’autre « c’est plate » (ce cours-là était soit l’un, soit l’autre); des traces de Jeux Olympiques révolus (mais je n’oublirai rien d’elle); un cours d’espagnol, niveau intermédiaire, deux nymphes étaient tombées du ciel, j’ai oublié leurs noms; quelques indices d’un passé vaguement militant, mots-clés : révolution, anarchisme, chiapas.

Je ne pleure pas mais ma gorge est serrée; pourquoi ? La nostalgie est vaine mais sa puissance me dépasse. Le moi d’avant me fait face, il m’interroge et je baisse les yeux. Les marées du passé remuent des peurs et des angoisses que l’on croyait éteintes.

Les souvenirs sont d’étranges chimies.

Étienne Després se demande ce qu'il se passe. Dernières publications : Avenir de Pochour, Rapport annuel Pochour.com et Epilog (?). Voir tous les articles par Étienne Després

commentations

(visiteur stupide et anonyme) – 2006.11.06 7:13 PM

… mes sympathies. Je comprends le feeling. Avoir les bleus pour des raisons un peu diffuses mais en ressentir les effets assez fort.

C’est bien, pcq rien de ce que t’évoques ne m’est arrivé et j’ai quand même ressenti le petit « ouch »… comme quand ça m’arrive.

Bonne chance.

Mister Boy – 2006.11.06 7:13 PM

(stupide et anonyme mon cul)

L'Enfant – 2006.11.07 12:41 AM

Ce texte me rappelle le temps de la Grève Générale Illimitée.
Le temps où on piquetait tous les matins pendant 1 heure, où on faisait tous la révolution, où on était noirs, rouges, mais surtout couleur dada vert.
Le temps où tout le monde s’aimait et dormait dans tous les racoins du cégep.
Le bon vieux temps d’il y a deux ans.
Nostalgie…

T.tranquille – 2006.11.07 1:07 AM

"et je baisse les yeux."
être modeste et humblement ému sans s’humilier,
je trouve ça beau.

Rase ta rate – 2006.11.07 5:55 PM

L’autre nuit, notre 40 gallons d’eau du 2 étage a décidé, comme ça, que la vie ne valait plus la peine d’être vécue pis il décida de mourir, live là.
Ça faite de la marde partout dans la maison, plus particulièrement dans le sous-sol. Là où j’ai plein de caisse de documents pis de bebelles pis d’affaires qui rentrent plus dans ma chambre pis qu’on a entreposé là, direct en-dessous du 40 gallons 2 étages en-dessous.
En faisant le ménage, j’ai retrouvé des documents importants, genre yeah mon diplôme du secondaire, utile!, mais aussi plein de lettres, des photos, et même un mot d’une fille décédée depuis… oui, j’avais la gorge serrée, mais j’étais contente de retrouver tout ça!

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