accueil

Les parapluies de Sherbrooke

par Calissa L'avalé

Raindrops aren’t fallin’ on my head

Avant toute chose, le Sherbrooke du titre, c’est la rue, pas la ville. C’est un choix délibéré de par son ambiguïté pour piquer la curiosité des Estriens/Estriennes de ce site qui doivent équivaloir à, environ, 94% de l’élite pochouroise.(Source:Statistiques Canada)

Bref, ce texte a pour but de disserter du parapluie.

Au-delà d’une toile érigée sur un frame de métal, c’est un élément social qui me semble intéressant à analyser.

Premièrement, y’a plein de sorte de parapluies.

  • les parapluies de golf,
  • les parapluies rétractables,
  • les parapluies qui s’ouvrent en pesant sur un bouton,
  • les parapluies à la mode (i.e. les dômes transparents qui protègent les coupes Emo)
  • les parapluies qui s’attachent avec des boutons pression
  • les parapluies qui s’attachent avec du velcro
  • les parapluies qu’une des branches du frame a déchirré la toile depuis belle lurette mais qui l’empêche pas de remplir son but premier…
  • etc.

Donc, c’est comme n’importe quelle autre partie de notre habillement, il contribue à projeter une image quelconque au vaste monde doté de zieux.

Il se forme aussi différentes classes hiérarchiques de parapluies. Les parapluies de golf étant en tête de liste parce qu’ils sont plus gros et aussi, évidemment, il faut jouer au golf pour en avoir un…

Mais encore une fois, au-delà de ce bout de tissu sur un frame, s’organise une toute autre dynamique sociale quand il pleut. Un parapluie, ça nous coupe peut-être de la pluie, mais ça nous coupe aussi du monde. Parce que toute son efficacité réside dans le fait qu’il se tient le plus près possible de sa tête, pour couvrir le plus d’angles possible de pluies (les horizontales comme les verticales).

En tenant son parapluie bas (efficacité maximale), le sujet devient automatiquement un mésadapté social. Il ne voit plus où il s’en va et prend rarement connaissance de son environnement physique.

Quatre personnes de large sur un trottoir de la rue Sherbrooke, ça passe, mais quatre personnes avec un parapluie chaque, là il y a un grave problème. Et le problème est d’autant plus important lorsque le sujet ne tient pas compte de sa largeur. J’ai été accroché trois fois par des parapluitistes insouciants !

Il y a maintenant une confrontation fatale qui s’effectue : les personnes avec des parapluies vs. les personnes avec des imperméables.

Les imperméables tentent de se faufiler, mais les parapluies bloquent la route. Il y a clairement une différence. L’un brîme la liberté de l’autre et ça je trouve que c’est un affront extrêmement grave.

Donc, je dis : brûlez vos parapluies (sauf si vous devez faire une réédition de Singin’ In the Rain, ou encore hypnotiser quelqu’un à la Penguin de Batman).

Après tout, c’est juste de l’eau…

[…]

Mais, après avoir tourné Sherbrooke pour prendre St-Denis, un jeune homme pétillant de jeunesse offrait son abri métallique à une jeune femme pétillante de jeunesse.

Et ce sourire qu’elle faisait donnait tout son sens à tout cela.

Le parapluie cesse d’être anti-social seulement lorsqu’il est partagé.
C’est comme tout dans le fond…

Raindrops aren’t fallin’ on our heads

Calissa L'avalé s'est levé un soir et s'est dit qu'il devrait changer sa notice biographique. Malheureusement, il n'y est jamais parvenu. Dernières publications : PM19, PM13 et l'insoutenable légèreté de l'asthme. Voir tous les articles par Calissa L'avalé

commentations

Étienne Després – 2006.05.13 11:39 PM

Bravo. Bien disserté.

Parapluitiste, j’adore le mot, je crois que j’ajouterai ça à mon vocabulaire.

PS – swing heil!!

e. – 2006.05.14 1:12 AM

oh.

plouc. plouc. plouc. plouc.

Beau texte.

Ah ce cher parapluie.

Fidèle ami qui me cacha des regards quand j’avais un torrent de larmes dans les yeux, compatriote qui me protegea de la douche du ciel, ennemi qui me procura un sentiment de haine envers un écervelé qui ne regarde pas où il va, humoriste qui me fait cramper de rire lorsqu’il se vire de bord, parachute from the sky…

Comme dirait Daniel Bélanger, dans sa toune Parapluie.

Parce que je suis libre comme l’air, je vais continuer, continuer.

Là-dessus. Contente de te lire.

Föv Tuchte – 2006.05.14 11:24 AM

Belle dissertation. Content de te lire.

Rase ta rate – 2006.05.14 2:20 PM

On s’ennuyait de toi.
Je trouve qu’il y a rien de plus chic qu’un beau parapluie noir… et rien de plus drôle qu’un parapluie qui vire à l’envers à cause du vent (je ris à chaque fois, vraiment).

Rase ta rate – 2006.05.14 2:49 PM

Et il y a celle-là, aux yeux limpides et grands ouverts, au sourire tendre, qui fixe le nuage, et qui n’y voit rien d’autre qu’un mauvais moment à passer…
C’est un truc de pluie, que j’aimais bien, alors…

Calissa L'avalé – 2006.05.15 12:37 AM

beau lien, c’était une excellente réplique
quand est-ce que tu reprends l’article sur les poulets d’ailleurs?

jocelyn – 2006.05.15 3:49 AM

oulala. je pense que tu viens decrire mon style de textes preferes. (putain de claviers francais sur lesquels jarrive jamais a faire les accents)

il y a des fautes graves comme « les parapluies de golf sont les chefs » oulala laberation ! tout le monde sait que les parapluies chefs sont les transparents qui disent « merde, il pleut ». menfin, je te dis « chapeau », soit ce qui constitue mon moyen favoris pour contrer la pluie

Rasta – 2006.05.15 11:15 AM

Je reprendrai ton texte quand je pourrai te surprendre… d’ici bientôt, promis.

tamé – 2006.05.15 12:52 PM

Dites-moi, où je peux trouver un parapluie en cloche transparente pour protéger ma coupe?!
Mais ce genre de parapluie c’est réglo, parce que même si tu le descend près de ta tête, tu peux voir les impermans qui s’en viennent et, comme il ne sont pas très larges, tu peux marcher 4 de large sur Sherbrooke et ne pas bousculer les individus de caoutchou vêtus.

Rase ta rate – 2006.05.15 2:09 PM

Ya ça, ou tu peux t’acheter les minis-parapluies qu’ils vendent au Dollorascrap avec un élastique que tu mets tout autour de ta tête, au motif de feuilles canadiennes, de préférence.

Rase ta rate – 2006.05.15 5:04 PM

Je viens de traverser un stationnement de centre commercial avec mon parapluie. Il ventait comme jamais. La deuxième fois qu’il a reviré à l’envers, (je riais, oui, mais,) une tige a subi tellement de pression qu’elle a éclaté en morceaux ! J’ai reçu un bout de métal dans le sourcil… bref, des parapluies au vent, ça craint.

Mister Boy – 2006.05.16 10:40 AM

Héhé pas vilain du tout ce petit article.

Pochour.com est habillé par la Commission-Jeunes du Parti Libéral du Québec