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Digression horoscopale...

par Föv Tuchte

Avant-propos

Cet article est long et c’est pas clair que son sujet vaut sa longueur, ou l’inverse… C’est pas un avertissement, c’est juste une manière de dire/prévenir que vous savez « pour/vers quoi » vous lisez. Je ne l’ai pas vraiment relu non plus, étant donné sa longueur, ça se peut qu’il y est des coquilles… Désolé.

L’article lui-même

Bonjour à vous tous et toutes,

Aujourd’hui je me permets de vous écrire personnellement – et pas à peu près – à propos de quelque chose qui me trotte ces temps-ci. Oui, mesdames, messieurs, je me livre ici, tout de go, à vous. Celui ou celle qui a déjà dit « psychothérapie de groupe » a 1 point (le premier quand même, ce n’est pas rien). Comme tout le monde, en fait je devrais dire comme personne… Non, je vais pas commencer par ça. Rewind.

Je prends souvent le métro, cet excellent transport en commun qui, à plusieurs stations, sent (selon moi toujours) le blé d’inde en canne et plein d’autres choses. En fait je le prends pas mal tous les jours depuis bientôt 5 ans. Ça fait qu’au fil des années je développe un goût bien particulier pour les mots croisées. Hobby, passe-temps, que dis-je, passion ! pour laquelle je pourrais écrire des pages et des pages, mais ça sera pour un autre article. Or donc, ceci étant dit, la vie en voulant ainsi, les mots croisés se retrouvent – heureusement ou malheureusement – par, je ne dirais pas un hasard des circonstances, disons parce qu’ils partagent sensiblement le « même niveau de sériosité », ainsi donc les mots croisés, disais-je, se retrouvent sur la même page que la très célèbre chronique astrologique du journal dans lequel je fais mes mots croisés (journal dont je tairai le nom car mis à part les mots croisés, me torcher avec est la seule chose utile que je puisse imaginer faire avec cette chose). Bref, les mots croisés sont juste à côté de l’horoscope.

Oui, Canette, c’est bon, tu sais de quel journal je parle. Tu peux baisser ta main. Merci.

Ça fait que, je disais que, comme tout le monde OU comme personne, parce que personne prend ça au sérieux un horoscope, mais à peu près tout le monde le lit, l’a déjà lu ou le lit parce que – rendons nous à l’évidence – c’est drôle, souvent, quand même, d’un certain point de vue, ou pas. Peu importe, c’est pas ça le point aujourd’hui. L’idée c’est que, vu mon grandissime talent avec les mots croisés (ça ou le fait que des fois sont juste trop toughs pis mes yeux fuient ailleurs dans la page, mais cette fois-là je l’avais vraiment fini, la preuve étant que 1-horizontal c’était CASQUESBLEUS), je me retrouve, jeudi dernier à pencher mes yeux sur mon horoscope.

Je vous épargne le signe que je lis… ça change rien… je pourrais lire celui de y’a 4 ans dans un horoscope chinéo-hongrois que ça changerait rien… Bref, voilà ce que ça dit, en toutes lettres (ou presque parce que après ça y’avait une autre phrase, mais ça va moins fitter avec le point vers où je m’en vais dans cet article, déjà que je suis pas sûr comment je vais me rendre avec elle, j’t’aussi bin de pas trop me donner de fil à retordre) :

À vouloir tout planifier, vous vous imposez l’impossible et vous risquez de déraper.

N’empêche que… hein… c’est pas rien !

Non, en fait, c’est rien. C’est vide, c’est ça qui fait que l’horoscope ça « pogne » : tu mets le sens que tu veux dedans pis tu te sens bien avec ça après. C’est une phrase d’horoscope comme un autre. Elle s’applique aux gens qui sont sous le signe du Scorpion, Verseau, Vierge ou même de la Dinde, on s’en fout. Cette phrase-là on pourrait la plugger à fin de pratiquement n’importe quel échange communicationnel, c’est comme un proverbe, une maxime. Bref, on connaît la rhétorique astrologique, mais on est pas là pour en faire une critique aujourd’hui. Oh non.

Deux jours plus tôt, soit le mardi, j’ai reçu l’évaluation de ma première présentation pour un cours. Le professeur avait rempli une demie-page environ, tapée à l’ordi, pour chaque étudiant dans lequel il soulignait des points forts/faibles de notre présentation avec des gens de « buts à atteindre » pour les prochains travaux genre comme style… La présentation consitait grosso modo à présenter au groupe (et au prof) mon « moi créatif » (c’est le prof qui appelle ça de même). Rapidement, nous présentions notre approche de la « création », notre démarche, comment ça a évolué dans notre vie, si ça a évolué, etc. etc.

J’espère que vous envisagez maintenant, sérieusement, le fait que je risque de faire un lien entre l’évaluation de mon professeur et le saint-joualtar d’horoscope… Sinon, ça vaut peut-être pas la peine de continuer à lire.

Évidemment, l’évaluation de cet enseignant qui me connaît depuis à peine 3 semaines (et encore « connaître » est un grand verbe) relève d’un avis subjectif. Lui-même sait celà. Néanmoins, en lisant le n’horoscope, j’ai pas pu m’empêcher – vu la proximité dans le temps des deux n’affaires – de faire un genre de lien entre ces deux choses-là.

Petite pause pendant que j’y pense. N’ayez crainte, je vais quand même essayer de faire ça dans le plus grand respect de ma vie privée, c’est-à-dire en vous infligeant le moins possible des traumatismes de mon enfance au travers de ça… ou pas.

Dans son commentaire, mon prof me disait cette phrase qui, je pense, résume bien pas mal l’idée général de son évaluation :

[…] je sens le conflit entre une approche rationnelle inhibante et un désir de laisser une trace, de faire quelque chose. Je crois que tu pourras trouver le propos qui est le tien après une plongée en toi-même, les inhibitions levées.

Voilà, je suis nu devant vous. Maintenant. Rincez-vous l’œil, ça va être faite. Tout de même, j’ai pas pu m’empêcher de prendre l’horoscope personnel jeudi matin.

Ça m’a fait réfléchir. Ça me fait encore réfléchir. C’est pas encore clair, mais bon, ça bouge au moins. Sans toutefois me dire que j’étais le genre de gars qui overthinkait tout le temps trop sa vie pis en faire trois dépressions et demi pendant 6 ans OU que mon prof était carrément dans le champ, que c’était un cave moron qui savait pas ce qui faisait… je me suis quand même dit que c’était assez révélateur d’un conflit intérieur que je vis fréquemment.

À savoir (et ça dans toutes sortes de domaines), un désir de bien « contrôler » (pas dans le sens de S&M) les choses qui m’entourent pour « bien » les mener à terme tout en laissant à ces mêmes choses la plus grande liberté possible pour ne pas freiner l’expression (créative, artistique, whatever, pantoufle ou autre) qui leur serait propre.

J’ai utilisé le mot « expression », mais je suis pas sûr que c’est celui qui convient le mieux après coup. Potentiel pourrait aussi faire l’affaire… sous certains niveaux. Je pense que, quand même, ça se comprend.

Veut veut pas (toujours bin aimé c’t’expression là..) cette réflexion-là, dynamique et toujours en mouvement, surtout au moment où j’écris, là, là, maintenant, m’amène à me dire que le travail que j’ai fait récemment a un lien intrinsèque (ouan ça doit être ça) avec tout ça. Je m’explique.

J’ai poursuivi mes études au cycle supérieur (hé oui) dans le but (entre autres) de réfléchir à/sur ma démarche créative, aux intentions que je peux avoir qui me poussent à « créer » et aux (ou à la) forme(s) que tout ça pourrait prendre ultimement.

Si y’a bien quelque chose qui m’obsède pratiquement depuis plusieurs années, c’est la narrativité. J’aime ça les histoires, j’aime ça en raconter, j’aime ça en entendre, lire, voir, écouter, etc. À un moment donné, ça se réflète dans ce que je fais à l’école, veut veut pas (2). Pis j’ai lu sur différents concepts littéraires, cinématographiques ou autres par rapport à tout ça. Pis lentement mais sûrement, je me forme une genre d’idée de ma place là-dedans dans le but, idéalement et ultimement, que je la trouve et la concrétise en un projet de mémoire à l’école…

Bon ça s’en vient un peu long pis je commence à avoir le goût de me coucher, donc je vais essayer d’accoucher. En même temps, ça faisait tellement longtemps j’avais pas publié de quoi de même que je peux bin me reprendre pour tout ceux que j’ai manqué. Ou pas.

Souvent, mon problème avec la narrativité, et le problème d’histoires/récits/etc. que je rencontrais, je trouvais que c’était un peu cette idée là de justement overthinker la narration, l’histoire elle-même pis de pas nous donner de place à l’interprétation.

Bref, à trop vouloir planifier TOUT dans l’histoire, je m’imposais l’impossible et généralement, plus souvent qu’autrement, ça dérapait.

Gros scoop, j’ai dans ma banque d’articles non-publiés, une genre de nouvelles/fictions que je pense être sur le bord de publier. Dans cette nouvelle, je voudrais, sans prétention, on s’entend, essayer de jouer sur cette mince ligne-là, entre la spontanéité et la préparation. En fait, surtout sur une genre de spontanéité, en négligeant quasiment la préparation, parce que je pense que, fondamentalement, j’arriverai jamais à faire mieux que ce qu’un « narrataire » (la personne qui lit l’histoire mettons) fait le mieux : interpréter l’histoire pis se l’approprier. Appropriation… très important dans tout le chariot de truc de mots que je viens de vomir depuis bientôt 1 heure…

En narration, pour moi, ça se traduit d’un côté en une histoire qui reste captivante, intrigante, intéressante, sans qu’elle se présente comme quelque chose de fini, dans lequel il y a les réponses, qu’on a à identifier. Pour faire une image qui va peut-être pas marcher :

C’est comme si l’histoire était une éponge prête à s’imbiber d’une interprétation (qui est ici le liquide quelconque qui pourrait « rentrer » dans l’éponge, évidemment). Au lieu d’une histoire « finie » qui est déjà un morceau « ferme » qui contient ses parties pas très amovibles…

Bon c’est peut être pas plus clair, mais bon, j’aurai essayer au moins.

Est-ce que j’ai tout écrit ça pour que vous soyez plus doux lorsque vous jugerez la prochaine nouvelle que je vais poster. Non, je pense pas. Je l’ai fait dans une optique « d’expérimentation » (esti que ça sonne bin) parce que je pense que, ici, en ce lieu saint, les gens sont disposés à « essayer » ce genre de choses… Vous êtes du monde bin open.

Évidemment (ça doit être la 6ième j’utilise cet adverbe-là), une histoire comme ça risque FORT d’être juste plate… Qu’on en retire « rien »… Qu’on ait l’impression que ça menait nul part… J’en suis conscient. Je suis aussi conscient que pour qu’elle soit captivante, le style littéraire doit être assez plaisant à lire. Je ne suis pas Gabriel Garcia Marquez et j’en suis conscient… Ni Jorge Luis Borges ou Danielle Steele…

C’est juste que, malgré tout, ça reste quelque chose qui part d’une intuition, je pense que, il y a quelque chose à explorer, en littérature, en cinéma, ou ailleurs, dans une telle optique.

En en parlant avec Étienne l’autre jour, j’ai dit que pour moi c’était un peu de considérer l’histoire comme de la bouffe… Quand on mange une pomme, on mange une pomme. On essaie pas de « comprendre » la pomme, on essaie pas de comprendre ce que la pomme voulait dire. On la mange et ce qu’elle goûte, en fonction aussi de qui on est, avec qui on la mange, où on la mange, etc. TOUT ÇA nous fait alors « interpréter » (que fait-on d’autres sinon de n’importe quel phénomène passant par nos sens?) la pomme que l’on mange sans que l’on se sente mal de se dire, par exemple, cette pomme me rappelle mon grand-père qui avait un verger quand j’étais petit ou le fait que la pomme c’est le seul aliment qui me fait roter…

Je pense que pour l’instant, ça va être tout et que la chose à se souvenir c’est : l’histoire/le récit/la narrativité comme de la bouffe ou du manger…

Malgré que juste retenir ça c’est probablement plus mélangeant…

On s’en reparle. Ou pas.

Bien à vous,
Föv Tuchte

Troisième d’une famille de quatre enfants, Föv est en fait une des tétines de Paul Francoeur. Dernières publications : L’église magique, There is a light et Rectal duplication. Voir tous les articles par Föv Tuchte

commentations

Mister Boy – 2008.02.13 2:16 PM

Oh… j’ai pas lu encore. Je dis oh pcq t’es revenu!

k – 2008.02.13 11:16 PM

lâches pas champion, c’est pas-fa-cile !

Föv Tuchte – 2008.02.14 10:23 AM

Revenu… grand mot… je vais me botter le cul pour que la « suite » de ça se poste le plus rapidement possible. Let’s go les bleus.

Canette Premier – 2008.02.14 11:25 PM

HÉ c’est long ça. Je suis rendu à la grosse coquille, « gens » au lieu de genre. Mais je continue.

Doright – 2008.02.15 9:19 PM

Coudonc, suis-je le seul qui a lu jusqu’au bout cette digression ?

Je m’en tiendrai pour l’instant au commentaire du professeur concernant la présentation du « moi créatif ». Reprenons :

[…] je sens le conflit entre une approche rationnelle inhibante et un désir de laisser une trace, de faire quelque chose. Je crois que tu pourras trouver le propos qui est le tien après une plongée en toi-même, les inhibitions levées.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a une conception du sujet-créateur bien ancrée autant dans le thème proposé (le « moi » créatif) que dans
le commentaire. Faisons une petite analyse à 5 cents.

Je poserais quelques questions à monsieur le prof (mais il faudrait avoir très peu de tact et beaucoup d’orgueil pour faire cela pour de vrai…) :

En quoi une approche rationnelle fait qu’on ne peut pas « laisser sa trace »? En tant que créateur, est-ce nécessaire de « laisser sa trace »? Bon, je veux bien concéder qu’une approche originale permet de se démarquer et c’est peut-être même le but du programme dans lequel tu étudies, i.e. repousser les limites de l’expérimentation (c’est vrai, quel mot!). On pourrait toutefois repousser les limites du calcul et de la structure, ce qui serait une approche artistique particulière. OK peut-être qu’on en a souper de ce genre d’approche , mais de là à dire que tout à été fait dans la rationnalisation, c’est pousser un peu loin. Et qu’en est-il du recylage de l’art dit « rationnel » Pis c’est quoi ça d’abord une approche rationnelle inhibante ? En quoi l’expérimentation est l’opposée du rationnel ?

Avons-nous « un » propos ? Est-il seulement le nôtre (dans les deux sens, i.e. juste le nôtre et réellement le nôtre)?

Dekesé une « plongée en soi-même »? Y trouverait-on quelque chose de fondamental qui nous permettrait de créer ? Certes, la rationnalisation est un mécanisme de défense (ou d’adaptation) face à une situation qu’on ne peut accepter consciemment; d’accord aussi pour dire que la « raison », posant des principes généraux, contraint nos manières d’agir et de penser (et donc de s’exprimer ou de créer), mais de là à dire qu’un coup tout cela parti (est-ce possible?) le « moi créatif » surgira et qu’ainsi on peut trouver « notre » propos, c’est de la pure spéculation ésotérique. Ah ! Je comprends maintenant pourquoi tu parlais d’horoscope dans ton texte !

Comprenez-moi bien, je ne veux pas être condescendant ou méprisant envers l’acte créateur. Il n’est pas question de rejeter du revers de la main le talent et l’audace de ceux qui font des oeuvres singulières et originales. Il s’agit seulement de ne pas prendre pour acquis que (1) la création vient nécessairement des profondeurs de notre esprit (qui plus est, supposément unique et original) et que (2) le seul moyen de repousser les limites de l’art c’est de se défaire des inhibitions. C’est, je pense, un ti-peu plus complexe que ça. Bien sûr, questionner nos habitudes est primordial afin de « dépasser » les schèmes contraignants qui sont présents à notre esprit. Avoir conscience de nos peurs autant que faire se peut, ça aussi c’est important si l’on veut réaliser nos projets. Mais dire que la solution est « en nous », ça, je digère mal. C’est peut-être moi qui a l’esprit étroit.

Je dirai tout simplement : cessons d’être centré (que) sur soi pour trouver les forces qui nous permettent de réaliser des choses et de se réaliser.

Föv Tuchte – 2008.02.16 10:51 AM

Merci Doright pour le commentaire.

Je suis aussi passé par ce genre de réflexions… D’abord, disons que l’enseignant en question ne veut pas dire qu’une approche rationnelle ne peut pas laisser de trace(s). Je sais ça parce qu’entretemps j’ai rencontré l’enseignant en question et discuter de tout ce qui est susmentionné avec lui et parce que je commence à connaître le prof en question un peu plus au fil du temps des discussions de la vie Jésus. Oui monsieur.

À savoir si on crée pour soi-même ou si on crée pour « le monde », si on sent que c’est nécessaire ou non de laisser une trace, je pense que c’est une autre question au complet. Par contre, dans le « jeu universitaire » d’une maîtrise en communication au profil recherche-création en média expérimental, je n’ai, effectivement, pas le choix de me prêter à quelques règles plus ou moins simples que les « organisateurs » du jeu ont mises sur pied. Oui, je devrai, non pas repousser les limites de l’expérimentation – c’est pas mal intense ça – mais réfléchir à (et sur), trouver une forme à, développer et mettre en application mon processus créatif… Ça laissera une trace, inévitablement, grosse, petite, inoubliable, ridicule, peu importe, c’est l’avantage de la maîtrise, même si je me plante je vais avoir A-, tant que je documente le tout !

Foucault, Michel de son prénom, disait quelque chose de bien intéressant sur l’expérimentation dans le Dits et écrits que tu m’avais fait lire (oui, toi, Doright). En cherchant rapidement sur les internets.com, je trouve ceci, qui n’est pas ce que j’avais en tête mais qui n’est pas impertinent non plus, où Foucault explique qu’il faut « considérer l’expérimentation non pas comme un luxe ou une activité séparée, mais comme la tentative de trouver une surface d’inscriptibilité à des expériences autrement illisibles et condamnées au mutisme ».

On pourrait me targuer d’utiliser Foucault complètement hors-contexte. Tout à fait. Cependant, je pense qu’on peut transposer une partie de ce qui est là-dedans à l’expérimentation dont il est question ici. J’interprète « les expériences autrement illisibles et condamnées au mutisme » d’une part comme ces expériences qui sont « contenues dans mes inhibitions » et d’autre part comme ces « résultats artistiques » auxquels on ne pourrait aboutir si l’on avait seulement suivi la voie – parfois contraignante – de la raison.

Le résultat sera-t-il « mieux-meilleur-plus-arsty-fartsy-touchant-émouvant » comme ça ? On ne peut avoir aucune certitude à ce sujet. Tout ce qu’on sait, c’est que ça va d’être « différent », quelque chose d’autre…

À mes yeux aussi, dans cet « herméneutique du soi », il y a le danger d’un glissement vers de la spéculation ésotérique… Comme certains mardis soirs où je trouve que mon cours glisse vers une psychothérapie de groupe. Mais bon. N’empêche que si le questionnement est fait pour dépasser les schèmes qui peuvent être non seulement contraignants, mais aussi « complaisants », y’a de bonnes chances qu’on en sorte grandi… Ce que je trouve drôle toutefois, c’est que ce questionnement-là, ce levage de voile sur nos inhibitions, cette transgression assumée, peu importe comment on la nomme, on a pas vraiment de moyen de vérifier qu’on le fait autre que par une démarche intègre, honnête vis-à-vis soi-même et pour ça on ne peut que se fie sur … bin oui… « notre raison ». Du moins, il me semble. Ah, paradoxe constant qu’est l’existence ! Tu me charmes.

De là à dire que la solution est nécessairement en nous…et que si je danse tounu en faisant des caps d’acide je repousse les limites de l’art ça fait de l’art plus mieux… Le prof ne disait pas « ça » non plus… C’est une personne très nuancée… quand même.

Foucault

Mister Boy – 2008.02.19 11:53 AM

Me voilà au bout de cette lecture et ce qui me vient en tête est :

Est-ce que tu aimerais pouvoir poster cette nouvelle sans qu’on te juge pour pouvoir sans danger mettre en pratique ce que suggéraient ton prof et -d’une certaine façon- l’horoscope ? Tu dis non mais…

Si tu changes d’idée, je suis prêt à l’accueillir sans jugement. Si tu préfères une critique, j’aime ça aussi.

C’est quand tu veux, on l’attend ta nouvelle.

+++++++++++++++++++

Concernant l’analogie avec la pomme. On essaie pas de comprendre la pomme mais on lui trouve un goût : bon, mauvais, crache la bouchée, succulent, arche je viens de me brosser les dents, etc.

Peu importe ce que t’auras préparé, c’est vrai qu’on va l’absorber à un moment précis, avec une humeur, des goûts, un background propre à ce seul instant et à notre propre personne… mais si tu nous cuisine qqch dont tu mangerais toi-même, on est pas trop mal partis.

La conclusion est la même, c’est quand tu veux.

Föv Tuchte – 2008.02.19 12:36 PM

Merci bin Boy.

Je ne disais pas ça pour « interrompre votre jugement »… Si je poste ici, c’est, entre autres, pour cette confrontation à l’autre… pour avoir votre jugement. C’est plus une genre de réflexion bonus (qui serait dans les extras du DVD) sur l’esprit dans lequel tout ça aura été fait… Genre.

Merci pour le pas de pression, comme tu dis, quand je vais trouver que ça se mange moi-même, bientôt, je vous servirai le tout.

On va l’avoir.

Mister Boy – 2008.02.24 9:29 AM

oui.

Mammouth obsolète – 2008.02.25 11:25 PM

Je n’ai pas lu, mais le fait est que tu as dit que tu ne l’avais pas relu donc ce qui est sans importance pour toi me paraît royalement sans importance pour moi.
Bravo

Föv Tuchte – 2008.02.26 10:01 PM

Commentaire absurde s’il en est un… peut-être je le comprends mal cependant.

Je n’ai pas revu/relu le texte pour corriger les fautes et/ou pour ne pas trahir sa « spontanéité » (là faut avoir lu pour comprendre)…

Outre cela, je l’ai relu une bonne dizaine de fois pour mieux me comprendre. Ce texte est d’une importance capitale pour moi. Il est très plausible qu’il soit sans importance pour toi. Par contre, je vois mal comment se fait la corrélation entre l’importance que quelqu’un apporte à un texte et l’importance qu’une autre personne y accordera.

Tout de même, la grégarité un petit je-ne-sais-de-quoi de confortable faut croire.

Föv Tuchte – 2008.02.27 8:19 AM

My bad, il manque une variable dans l’équation corrélative que je ne comprends pas i.e. le nombre de fois qu’un texte est lu pour en déterminer son importance objective…

Mammouth obsolète – 2008.02.28 1:22 AM

À tout planifier, ça donne un récit qui a beaucoup plus de chance d’être prévisible,
puisqu’appartenant à une progression ou transgression plus ou moins logique….
mais quand tout dérape il n’y a rien de mieux pour « désinhiber » notre approche créative et se questionner le « moi créatif » qui en fait n’est que le simple moi (avec peut-être un peu de Ça…)

Je rajouterais que pour le créateur, seul le résultat compte ("ok je n’y touche plus" ou « je revois ça ») parce que la démarche est son vrai résultat qui n’appartient qu’à lui.

De toute façon, le narrataire qui s’approprie cette histoire ou le lecteur, la plus part du temps, s’en criss de ta démarche. Ce que le récepteur recherche c’est sa propre interprétation pour en arriver avec un « ressenti » qui souvent diffère de celui de l’auteur, mais qui lui correspond par la démarche que ce lecteur ou interprète opère pour en arriver au sens arbitraire qui lui convient.

Désolé si je répète ou je dérape, je n’ai pas lu les commentations…

Föv Tuchte – 2008.03.01 3:14 AM

Je ne comprends pas ta phrase du milieu : « Je rajouterais que pour […] qui n’appartient qu’à lui. »

Si seul le résultat compte, comment la démarche peut être le vrai résultat ? Plus après, comment peut on s’en crisser si c’est le vrai résultat ?

À certains moments la démarche compte énormément pour certaines personnes/situations. Un grand pan de l’art contemporain, de la performance, ou je sais pas trop va accorder une importance capitale à la démarche plus qu’au résultat. Il arrive même que la démarche soit l’histoire elle-même (la narrativité peut avoir bien des visages).

Ladite démarche, entre autres choses, va alimenter ledit « ressenti » dont tu parles — qui est, oui, construit de manière à ce qu’il convienne à la « situation » de l’interprète en question.

Donc, on est en mesure de se demander si, la plupart du temps, consciemment ou non, le lecteur s’en crisse vraiment de la démarche, vu qu’il interprète une histoire qui en est le résultat. Me semble que c’est une question légitimifiée.

Tout ça pendant que son interprétation demeure quelque chose de très personnel – dans le sens qui lui est propre – et pas mal arbitraire…

Mammouth obsolète – 2008.03.03 1:30 AM

J’ai mal expliqué,
je voulais dire que pour l’auteur ce n’est pas autant le produit fini qui compte que ce qu’il en retire personnellement en l’accomplisssant.
Le travail bien accompli (qui diffère pour chacun), en quelque sorte, est plus important que « le héros meurt à la fin » ou « il s’en sort » (exemple très simple et un peu poche). Parce que dans ta tête le héros peut décéder et peut survivre; c’est le fait de mettre deux ou plusieurs options sur la table qui importe. Qu’il meurt ou qu’il vive, l’auteur s’en criss à la limite, c’est de faire le bon choix qu’il recherche et le bon c’est celui qui va épanouir son « moi créatif » et son « moi-tout-nu », genre!?.
J’espère avoir mieux expliqué, c’est que je me pose la question en même temps, dans le fond, je dis ça de même.

Föv Tuchte – 2008.03.03 12:46 PM

Qu’il meurt ou qu’il vive… on s’en crisse surtout pas. Au contraire ! C’est capital… parce que le choix va s’inscrire logiquement dans la démarche du créateur.

À mes yeux en tous cas, c’est pas un choix bénin, irréfléchi et sans conséquence… Surtout pas. Que la fin soit ambigue, éthérée, pas clair,etc. ça peut aussi être un choix — comme toutes décisions concernant « l’œuvre » — qui s’inscrit dans la logique du processus créatif qui meut toute la production/œuvre en question.

L’auteur ne recherche pas le « bon choix » : il recherche son choix. N’est-ce pas là justement ce qu’un artiste tente de faire; se singulariser, trouver sa voie/voix ? Celle qui épanouira (émancipera même) justement son moi-créatif (ou son moi tout court).

Pour ce qui est de valoriser ce qu’on en retire plus que le résultat ou le produit fini, tout à fait, parce qu’au final, c’est pas mal juste ça qu’il reste… Après avoir « créé » une création, faut aussi être capable de s’en départir si on veut, de la laisser elle-même s’épanouir. Au créateur, il restera alors ce qu’il aura appris sur lui-même (et sur une panoplie d’autres choses) durant tout le processus de création. S’il s’attache trop à l’œuvre, s’il est plus capable de s’en départir, ça va produire une histoire triste mettant en vedette l’absence de renouvellement, du moins y’a des bonnes chances… Me semble.

Pensons à Mark Hammil qui a pas été capable de faire autre chose après Luke Skywalker…

Mammouth obsolète – 2008.03.03 2:24 PM

ou Ti-counne dans Le temps d’une paix…
d’accord, mais pour moi son choix ça revient à dire le bon choix.
dans l’abstrait, qu’il meurt ou qu’il vive on s’en criss car c’est justement son choix qui prime.

Föv Tuchte – 2008.06.03 9:09 AM

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