Avant-propos
Cet article est long et c’est pas clair que son sujet vaut sa longueur, ou l’inverse… C’est pas un avertissement, c’est juste une manière de dire/prévenir que vous savez « pour/vers quoi » vous lisez. Je ne l’ai pas vraiment relu non plus, étant donné sa longueur, ça se peut qu’il y est des coquilles… Désolé.
L’article lui-même
Bonjour à vous tous et toutes,
Aujourd’hui je me permets de vous écrire personnellement – et pas à peu près – à propos de quelque chose qui me trotte ces temps-ci. Oui, mesdames, messieurs, je me livre ici, tout de go, à vous. Celui ou celle qui a déjà dit « psychothérapie de groupe » a 1 point (le premier quand même, ce n’est pas rien). Comme tout le monde, en fait je devrais dire comme personne… Non, je vais pas commencer par ça. Rewind.
Je prends souvent le métro, cet excellent transport en commun qui, à plusieurs stations, sent (selon moi toujours) le blé d’inde en canne et plein d’autres choses. En fait je le prends pas mal tous les jours depuis bientôt 5 ans. Ça fait qu’au fil des années je développe un goût bien particulier pour les mots croisées. Hobby, passe-temps, que dis-je, passion ! pour laquelle je pourrais écrire des pages et des pages, mais ça sera pour un autre article. Or donc, ceci étant dit, la vie en voulant ainsi, les mots croisés se retrouvent – heureusement ou malheureusement – par, je ne dirais pas un hasard des circonstances, disons parce qu’ils partagent sensiblement le « même niveau de sériosité », ainsi donc les mots croisés, disais-je, se retrouvent sur la même page que la très célèbre chronique astrologique du journal dans lequel je fais mes mots croisés (journal dont je tairai le nom car mis à part les mots croisés, me torcher avec est la seule chose utile que je puisse imaginer faire avec cette chose). Bref, les mots croisés sont juste à côté de l’horoscope.
Oui, Canette, c’est bon, tu sais de quel journal je parle. Tu peux baisser ta main. Merci.
Ça fait que, je disais que, comme tout le monde OU comme personne, parce que personne prend ça au sérieux un horoscope, mais à peu près tout le monde le lit, l’a déjà lu ou le lit parce que – rendons nous à l’évidence – c’est drôle, souvent, quand même, d’un certain point de vue, ou pas. Peu importe, c’est pas ça le point aujourd’hui. L’idée c’est que, vu mon grandissime talent avec les mots croisés (ça ou le fait que des fois sont juste trop toughs pis mes yeux fuient ailleurs dans la page, mais cette fois-là je l’avais vraiment fini, la preuve étant que 1-horizontal c’était CASQUESBLEUS), je me retrouve, jeudi dernier à pencher mes yeux sur mon horoscope.
Je vous épargne le signe que je lis… ça change rien… je pourrais lire celui de y’a 4 ans dans un horoscope chinéo-hongrois que ça changerait rien… Bref, voilà ce que ça dit, en toutes lettres (ou presque parce que après ça y’avait une autre phrase, mais ça va moins fitter avec le point vers où je m’en vais dans cet article, déjà que je suis pas sûr comment je vais me rendre avec elle, j’t’aussi bin de pas trop me donner de fil à retordre) :
À vouloir tout planifier, vous vous imposez l’impossible et vous risquez de déraper.
N’empêche que… hein… c’est pas rien !
Non, en fait, c’est rien. C’est vide, c’est ça qui fait que l’horoscope ça « pogne » : tu mets le sens que tu veux dedans pis tu te sens bien avec ça après. C’est une phrase d’horoscope comme un autre. Elle s’applique aux gens qui sont sous le signe du Scorpion, Verseau, Vierge ou même de la Dinde, on s’en fout. Cette phrase-là on pourrait la plugger à fin de pratiquement n’importe quel échange communicationnel, c’est comme un proverbe, une maxime. Bref, on connaît la rhétorique astrologique, mais on est pas là pour en faire une critique aujourd’hui. Oh non.
Deux jours plus tôt, soit le mardi, j’ai reçu l’évaluation de ma première présentation pour un cours. Le professeur avait rempli une demie-page environ, tapée à l’ordi, pour chaque étudiant dans lequel il soulignait des points forts/faibles de notre présentation avec des gens de « buts à atteindre » pour les prochains travaux genre comme style… La présentation consitait grosso modo à présenter au groupe (et au prof) mon « moi créatif » (c’est le prof qui appelle ça de même). Rapidement, nous présentions notre approche de la « création », notre démarche, comment ça a évolué dans notre vie, si ça a évolué, etc. etc.
J’espère que vous envisagez maintenant, sérieusement, le fait que je risque de faire un lien entre l’évaluation de mon professeur et le saint-joualtar d’horoscope… Sinon, ça vaut peut-être pas la peine de continuer à lire.
Évidemment, l’évaluation de cet enseignant qui me connaît depuis à peine 3 semaines (et encore « connaître » est un grand verbe) relève d’un avis subjectif. Lui-même sait celà. Néanmoins, en lisant le n’horoscope, j’ai pas pu m’empêcher – vu la proximité dans le temps des deux n’affaires – de faire un genre de lien entre ces deux choses-là.
Petite pause pendant que j’y pense. N’ayez crainte, je vais quand même essayer de faire ça dans le plus grand respect de ma vie privée, c’est-à-dire en vous infligeant le moins possible des traumatismes de mon enfance au travers de ça… ou pas.
Dans son commentaire, mon prof me disait cette phrase qui, je pense, résume bien pas mal l’idée général de son évaluation :
[…] je sens le conflit entre une approche rationnelle inhibante et un désir de laisser une trace, de faire quelque chose. Je crois que tu pourras trouver le propos qui est le tien après une plongée en toi-même, les inhibitions levées.
Voilà, je suis nu devant vous. Maintenant. Rincez-vous l’œil, ça va être faite. Tout de même, j’ai pas pu m’empêcher de prendre l’horoscope personnel jeudi matin.
Ça m’a fait réfléchir. Ça me fait encore réfléchir. C’est pas encore clair, mais bon, ça bouge au moins. Sans toutefois me dire que j’étais le genre de gars qui overthinkait tout le temps trop sa vie pis en faire trois dépressions et demi pendant 6 ans OU que mon prof était carrément dans le champ, que c’était un cave moron qui savait pas ce qui faisait… je me suis quand même dit que c’était assez révélateur d’un conflit intérieur que je vis fréquemment.
À savoir (et ça dans toutes sortes de domaines), un désir de bien « contrôler » (pas dans le sens de S&M) les choses qui m’entourent pour « bien » les mener à terme tout en laissant à ces mêmes choses la plus grande liberté possible pour ne pas freiner l’expression (créative, artistique, whatever, pantoufle ou autre) qui leur serait propre.
J’ai utilisé le mot « expression », mais je suis pas sûr que c’est celui qui convient le mieux après coup. Potentiel pourrait aussi faire l’affaire… sous certains niveaux. Je pense que, quand même, ça se comprend.
Veut veut pas (toujours bin aimé c’t’expression là..) cette réflexion-là, dynamique et toujours en mouvement, surtout au moment où j’écris, là, là, maintenant, m’amène à me dire que le travail que j’ai fait récemment a un lien intrinsèque (ouan ça doit être ça) avec tout ça. Je m’explique.
J’ai poursuivi mes études au cycle supérieur (hé oui) dans le but (entre autres) de réfléchir à/sur ma démarche créative, aux intentions que je peux avoir qui me poussent à « créer » et aux (ou à la) forme(s) que tout ça pourrait prendre ultimement.
Si y’a bien quelque chose qui m’obsède pratiquement depuis plusieurs années, c’est la narrativité. J’aime ça les histoires, j’aime ça en raconter, j’aime ça en entendre, lire, voir, écouter, etc. À un moment donné, ça se réflète dans ce que je fais à l’école, veut veut pas (2). Pis j’ai lu sur différents concepts littéraires, cinématographiques ou autres par rapport à tout ça. Pis lentement mais sûrement, je me forme une genre d’idée de ma place là-dedans dans le but, idéalement et ultimement, que je la trouve et la concrétise en un projet de mémoire à l’école…
Bon ça s’en vient un peu long pis je commence à avoir le goût de me coucher, donc je vais essayer d’accoucher. En même temps, ça faisait tellement longtemps j’avais pas publié de quoi de même que je peux bin me reprendre pour tout ceux que j’ai manqué. Ou pas.
Souvent, mon problème avec la narrativité, et le problème d’histoires/récits/etc. que je rencontrais, je trouvais que c’était un peu cette idée là de justement overthinker la narration, l’histoire elle-même pis de pas nous donner de place à l’interprétation.
Bref, à trop vouloir planifier TOUT dans l’histoire, je m’imposais l’impossible et généralement, plus souvent qu’autrement, ça dérapait.
Gros scoop, j’ai dans ma banque d’articles non-publiés, une genre de nouvelles/fictions que je pense être sur le bord de publier. Dans cette nouvelle, je voudrais, sans prétention, on s’entend, essayer de jouer sur cette mince ligne-là, entre la spontanéité et la préparation. En fait, surtout sur une genre de spontanéité, en négligeant quasiment la préparation, parce que je pense que, fondamentalement, j’arriverai jamais à faire mieux que ce qu’un « narrataire » (la personne qui lit l’histoire mettons) fait le mieux : interpréter l’histoire pis se l’approprier. Appropriation… très important dans tout le chariot de truc de mots que je viens de vomir depuis bientôt 1 heure…
En narration, pour moi, ça se traduit d’un côté en une histoire qui reste captivante, intrigante, intéressante, sans qu’elle se présente comme quelque chose de fini, dans lequel il y a les réponses, qu’on a à identifier. Pour faire une image qui va peut-être pas marcher :
C’est comme si l’histoire était une éponge prête à s’imbiber d’une interprétation (qui est ici le liquide quelconque qui pourrait « rentrer » dans l’éponge, évidemment). Au lieu d’une histoire « finie » qui est déjà un morceau « ferme » qui contient ses parties pas très amovibles…
Bon c’est peut être pas plus clair, mais bon, j’aurai essayer au moins.
Est-ce que j’ai tout écrit ça pour que vous soyez plus doux lorsque vous jugerez la prochaine nouvelle que je vais poster. Non, je pense pas. Je l’ai fait dans une optique « d’expérimentation » (esti que ça sonne bin) parce que je pense que, ici, en ce lieu saint, les gens sont disposés à « essayer » ce genre de choses… Vous êtes du monde bin open.
Évidemment (ça doit être la 6ième j’utilise cet adverbe-là), une histoire comme ça risque FORT d’être juste plate… Qu’on en retire « rien »… Qu’on ait l’impression que ça menait nul part… J’en suis conscient. Je suis aussi conscient que pour qu’elle soit captivante, le style littéraire doit être assez plaisant à lire. Je ne suis pas Gabriel Garcia Marquez et j’en suis conscient… Ni Jorge Luis Borges ou Danielle Steele…
C’est juste que, malgré tout, ça reste quelque chose qui part d’une intuition, je pense que, il y a quelque chose à explorer, en littérature, en cinéma, ou ailleurs, dans une telle optique.
En en parlant avec Étienne l’autre jour, j’ai dit que pour moi c’était un peu de considérer l’histoire comme de la bouffe… Quand on mange une pomme, on mange une pomme. On essaie pas de « comprendre » la pomme, on essaie pas de comprendre ce que la pomme voulait dire. On la mange et ce qu’elle goûte, en fonction aussi de qui on est, avec qui on la mange, où on la mange, etc. TOUT ÇA nous fait alors « interpréter » (que fait-on d’autres sinon de n’importe quel phénomène passant par nos sens?) la pomme que l’on mange sans que l’on se sente mal de se dire, par exemple, cette pomme me rappelle mon grand-père qui avait un verger quand j’étais petit ou le fait que la pomme c’est le seul aliment qui me fait roter…
Je pense que pour l’instant, ça va être tout et que la chose à se souvenir c’est : l’histoire/le récit/la narrativité comme de la bouffe ou du manger…
Malgré que juste retenir ça c’est probablement plus mélangeant…
On s’en reparle. Ou pas.
Bien à vous,
Föv Tuchte
Troisième d’une famille de quatre enfants, Föv est en fait une des tétines de Paul Francoeur. Dernières publications : L’église magique, There is a light et Rectal duplication. Voir tous les articles par Föv Tuchte