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Duluth-St.Zotique

par ë.

Assise dans le bus.

Je me demande.

Et si la personne à mes côtés était quelqu’un qui pourrait modifier le cours de ma vie ?

Et que, par distraction, parce que j’ai la tête ailleurs, je passais à côté d’une rencontre mémorable.

Peut-être, en fait, que si j’avais vraiment à vivre quelque chose avec cette personne là, je ne serais pas assise à ses côtés à penser à autre chose et ne pas avoir envie d’intéragir d’une quelconque manière.

Assise dans le bus.

Je me dis.

Que les bonnes personnes, on les rencontre au bon moment. Et que si j’ai la tête qui divague, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison. Qu’on est disponible à entendre quand on fait le choix d’écouter ce qui nous est dit.

Reste que.

Je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il y a sans doute des tonnes de gens autour de moi avec qui je pourrais vivre des moments heureux , qui pourraient m’apprendre sur la vie ou simplement me faire rire.

Et que parce que j’ai la tête ailleurs, je manque des occasions de partager un regard qui brille.

Assise dans ce bus.

Je réalise que ces pensées ne sont qu’une course sans fin. Un échappatoire à des désirs inassouvis.

J’accepte candidement de partager ce trajet de bus avec tous ces gens qui resteront des inconnus, avec qui je n’échangerai pas un regard ou un sourire.

Parce qu’au fond, à cet instant, je réalise que je n’aurais envie que d’une chose très simple.

Une petite boule de chaleur dans mon lit.

Je suis moi, toi et tous les autres aussi. Dernières publications : En ce jour d'érection, one + one = three et G.Roberge. Voir tous les articles par ë.

commentations

Étienne Després – 2006.03.31 3:21 AM

Est-ce qu’on rencontre les bonnes personnes au bon moment ? Ou est-ce qu’on est simplement plus disposé, parfois, à s’ouvrir à de nouvelles personnes ?

Pour multiplier l’angoisse de passer à côté de rencontres intéressantes, on pourrait remplacer l’autobus par un quartier, une ville ou une planète. 6,5 milliards de personnes avec qui je n’échangerai pas le moindre sourire ! Quel gaspillage.

Mais bon. Sérieusement, je comprends et sympathise avec ce texte.

« Un échappatoire à des désirs inassouvis. »

Oui.

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2006.03.31 4:20 AM

Je ne crois pas à la magie. Je ne crois surtout pas que c’est les gens qui nous rendent heureux. Certains, oui, mais en gros, si tu manques une rencontre, bein tu manques rien. La communication se crée lorsque les deux participent. De là, les bonshommes d’autobus, c’est juste des enveloppes de connaissances potentielles… on veut du concrêt comme dirais J_L Mongrain

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2006.03.31 4:21 AM

par dirais, je veux vraiment dire dirait… oh, pis les autres fautes aussi

JoDoo – 2006.03.31 7:55 AM

Même chose qu’Étienne.

Une petite boule de chaleur dans mon lit, c’est ce qui manque, c’est ce qui fait l’échappatoire aux désirs inassouvis.

Oui.

Föv Tuchte – 2006.03.31 8:10 AM

Plus mieux que Berri-Beaubien.

À quand Montréal-Roberval ?

rackham – 2006.03.31 8:20 AM

Ketch
Les rencontres que l’on fait sont une conséquence des choix que l’on a fait. Toutes les personnes importantes dans nos vies ne sont qu’une chaîne d’événements au fond. Changeons un seul de ces choix, la chaîne n’est plus la même.

C’est certain qu’en ne faisant pas une rencontre, on ne sait pas ce qu’on manque et on peut donc penser qu’on ne manque rien. Mais je ne peux m’empêcher de penser aux gens que je connais aujourd’hui, qui ont une telle importance, une telle pertinence, qui suscite chez moi une affection inconditionnelle; et me dire : Bâtard ! chu contente de les avoir rencontré. Mais combien de personnes ai-je croisé dans la rue, à qui je n’ai porté aucune attention, auraient pu éveiller un effet semblable sinon plus fort ?

Föv Tuchte – 2006.03.31 8:27 AM

Mouais… j’aurais tendance à te donner une claque derrière la tête moi aussi pour ce que t’as dit Ketch.

Bon, quand même, ça ne veut pas dire qu’il faut à tout prix rencontrer tous les individus qu’on croise à partir de maintenant, la tâche serait plutôt complexe pour les vendeux de hot-dogs dans les matchs de hockey par exemple.

Mais quand même, les rencontres potentielles peuvent nous rendrent heureux et lesdites rencontres ne sont pas « juste » des enveloppes de connaissance potentielle. C’est peut-être ton prochain meilleur ami, la prochaine personne qui va te sauver la vie, ta femme, etc.

De là à dire, je le répète, qu’il faut vivre pour rencontrer tout le monde, y’a une limite. Évidemment.

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2006.03.31 8:49 AM

Oui, mais vous dites exactement ce que je dis. (et je cite) « C’est peut-être ton prochain meilleur ami » mais tant que tu ne lui parle pas, ce n’est rien d’autre que « peut-être » quelque chose pour toi. Tu vois, je suis hyper conscient que les coïncidences font que tu rencontres des gens et que le fait d’avoir parler une minute avec quelqu’un peut changer tout le cours de ton histoire (un peu à la Lola Rent). Mais justement non… ça ne change RIEN, absolument RIEN, parce que l’autre avenue n’existe pas. Il n’y a pas une version A et une version B de la vie. Ainsi, si tu parles effectivement à une personne, elle devient un contact à toi, si tu l’ignores, elle n’est rien pour toi… elle n’est même pas un « si ».

tamé – 2006.03.31 9:11 AM

La vie est si formidablement faite.
Les rencontres se font toujours au bon moment, là où tu en as le plus besoin, sans toujours comprendre pourquoi elles y sont et en quoi elles t’apportent quelque chose, mais… la vie est si bien faite.
Ne soyons pas inquiets, elle se chargera bien de mettre dans notre bus LA personne que nous devons rencontrer et créer une situation propice à un échange.

JoDoo – 2006.03.31 9:49 AM

Moi je vais dans le sens de ë. Elle soulève ses réflexions sur les probabilités qui peuvent arriver, les rencontres qui ne se passerons jamais. Mais en même temps, de façon très lucide de mon point de vue, elle avoue que cette suite infinie de probailités de belles rencontres et de sourires manqués, dénote une certaine mélancolie (c’est peut-être un peu fort), le manque d’une chaleur dans le creux du lit.

J’aime bien relier les idées à la situation du corps qui les produits. Un corps en manque de quelque chose, va sortir les mots, les idées en conséquence. Imaginer la vie comme des probabilités infinie manqués, dénote que notre corps manque la vie, l’affection au présent. En prendre conscience est un pas vers l’action dans le réel.

Je ne crois personellement pas à la vie comme quelque chose de personnifiable. Mais en même temps, ce qui rend la personification de la vie possible est que les circonstances qui forment notre réels sont toujours hors de notre portée. Notre pouvoir personnel se situe probablement plus sur nous-même, notre ouverture au monde et aux événements, notre capacité à nous sortir des problèmes, ne pas s’enliser dans son propre labyrinte.

Hum… Croquer une pomme…

Föv Tuchte – 2006.03.31 10:38 AM

Bien que je sois un peu sceptique par rapport à tout ce qui entoure une « confiance aveugle en la vie », je seconde toutefois le point de tamé. La vie est en générale assez bien faite (généralement si on la trouve mal faite, complexe, c’est nous qui la compliquons…) et il faut lui faire confiance et (c’est là que c’est important) lui faire confiance et non se battre contre Elle (cette chienne de vie).

Et, entre nous, c’est sûr que des fois ça fait pas de mal à personne un petit catalyseur ou un coup de pied dans le cul à la vie… Kin ma caltar!

Föv Tuchte – 2006.03.31 10:39 AM

Syntaxe douteuse, j’en conviens.

e¨. – 2006.03.31 11:56 AM

Je suis contente de voir toutes vos commentations. C’est vraiment intéressant.

La vie, c’est fou. Let’s just trust it.

Ouh yeah.

Doright – 2006.03.31 7:40 PM

J’aime bien. Et aussi, j’aime bien :

« […] si j’ai la tête qui divague, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison »

Oui. En tout cas, il y a des raisons. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ça doit dépendre de la situation. C’est sur la phrase suivante que je vois dans le contact communicationnel une prémisse nécessaire, celle de l’action et du choix subjectif :

« Qu’on est disponible à entendre quand on fait le choix d’écouter ce qui nous est dit. »

Mon avis sur la question est que, oui, le possible fait partie de la réalité, mais cette réalité n’est pas différente des perceptions que chacun en a, donc qu’il est possible d’être en contact ou non avec notre environnement social, c’est un choix individuel, conscient ou inconscient. Mais en contrepartie, notre environnement a tout autant d’influence sur notre manière d’agir et de penser, alors les deux semblent indissociables et c’est pourquoi les gens qui nous entourent dans l’autobus peuvent très bien changer le cours de notre vie. Il y a, disons, des relations d’incertitude, un hasard en quelque sorte.

Enfin, cette tonne de gens avec qui l’on pourrait vivre des moments heureux, ils sont là, il faut juste les trouver, parmi les autres, ou encore dans l’Autre. Facile à dire, parfois difficile à faire.

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