Ça y est. J’ai réussi. Le 15 septembre 2006, à 3h35 du matin (3h43h heure de mon lit), après quelques semaines de réflexion, de concentration et d’essais, enfin, j’ai fait mon premier rêve lucide.
C’était malade, fou, foumalade.
Explications
Depuis quelques mois que je lisais sur le sujet, que je me documentais et que je me passionnais – bien que les rêves m’aient toujours intéressés – de plus en plus sérieusement sur le monde du rêve. Au travers de mes recherches sur le sujet, j’ai croisé plein de trucs bin bin bin bin le fun dont un qui est le rêve lucide – voir le lien sus-mentionné.
Alors je m’y suis mis, par auto-suggestion surtout. Parce qu’en bout de ligne y’a pas vraiment de manière de mieux rêver ou de plus se souvenir de ses rêves… Il y a des trucs, des moyens de s’aider, mais pas de technique garantie ou rêves remis. Quand même, je m’y suis mis sérieusement. Fichtre ! j’ai arrêté de fumer du pot parce que ça réduit grandement la partie du cycle de sommeil dans laquelle on rêve et où on a le plus de chance de s’en souvenir. Gloire au petit Jésus de plâtre ! mes efforts n’auront pas été vain et le sacrifice aura valu la chandelle (ou quelque chose du genre).
La nuit dernière, après une (1) heure de sommeil et une quarantaine de minutes, j’ai commencé un rêve dont je me souviendrai longtemps. Non seulement, mon rêve fut, je dois le dire, fantastique, long et pas mal plaisant, mais il s’est conclut avec la reconnaissance que j’étais à ce moment-là, précisément, en train de rêver, que mon corps était étendu dans mon lit, dans mon appartement et que ce que je vivais présentement était un rêve (rien de plus ou rien de moins tout dépendant d’où on se situe). Je vais vous éviter les détails de mon rêve car ça ne sert pas vraiment à quelque chose ici et que vous le racontez en personne serait beaucoup plus plaisant, le tout accompagné de mon visage excité et d’intonations, expressions ou gestes tous plus riches les uns que les autres.
« Un rêve dont vous êtes le héros » ? Oui, mais plus encore. Souvent, il m’est arrivé de rêver et d’avoir le « contrôle » de mes rêves, de plus ou moins décider ce qui se passe, ce qui va se passer, etc. Cette fois-ci, par contre, c’était différent. Comme je disais plus haut, je réalisais que je rêvais, j’ai pris conscience de mon état « onirique », pour un instant j’ai été totalement maître et en pleine capacité des moyens de mon imagination ou ce que je me plais à nommer un onironaute. Dérivé amusant d’onirologie ou oneirology (en anglais), l’étude scientifique des rêves.
Bref, le sentiment est bien plaisant et j’ai hâte de le revivre. Je suis clairement conscient de ne pas être le premier à vivre une expérience de ce genre et je suis loin d’être un expert, n’empêche que je me sens un peu comme un pionnier à l’aube de découvrir une nouvelle « réalité » au complet. Bien que je sois un peu litigé au sujet de son auteur, ceux qui ont lu Les Thanatonautes de Bernard Werber comprendront un peu mieux ce que je veux dire…
À quand le rêve en équipe ?
Rapport
Après coup, je me suis rendu compte que je ne fournissais pas vraiment un rapport de quoi que ce soit au travers de toutes ces explications-là. Donc, voici que voilà, sommairement mais pas trop, comment ça s’est passé, du mieux que je peux le décrire en mots.
Tout au long du rêve, je réalisais que je rêvais, mais indirectement. C’est-à-dire que je me suis répété, par exemple, à plusieurs reprises la phrase « Sacre ! Je vais être fatigué demain moi! » parce que le rêve en question était pas mal vraiment actif, on bougeait gros, il se passait beaucoup de trucs qui, généralement, font que t’es fatigué après les avoir faits. Tout au long du rêve, j’étais en contrôle, mais de manière limitée, de ce qui se passait. C’est-à-dire que je ne subissais pas des événements, que ça ne virait pas au cauchemardesque ou qu’il ne m’arrivait pas des choses déplaisantes desquelles je n’avais aucun contrôle, mais que si je voulais avancer, marcher, dire quelque chose ou faire des actions simples, je pouvais le faire et qu’en même temps, il y avait des choses qui se passait que je n’avais pas nécessairement « commandé ».
C’est dans les derniers instants du rêve que j’ai vraiment réalisé que je rêvais et c’est à cause de ceci précisément que les conclusions que je peux tirer de cette « expérience » sont limitées. Tout de même, vers la fin, j’ai récapitulé les événements qui venaient de se passer. Je suis revenu rapidement sur tout ce que j’avais fait pour me rendre compte de plus en plus que ça faisait de moins en moins de sens : passages d’un lieu à un autre très rapidement sans continuité, éléments ou personnages magiques ou absurdes, hors du commun, paranormaux, etc.
Ça m’a soudainement frappé : je rêve. C’est simple. En plus de cette reconnaissance de mon état de rêve, j’ai en même temps été contenté par le fait que j’avais enfin été capable de reconnaître mon état de rêve (relatiement au fait que ça faisait 3 semaines que j’essayais de faire préciséement ça). À ce moment (et ça pourra paraître très cliché), mais tout est devenu plus clair. Comme si le réel avait shifté d’une coche (vers le haut, vers un rêve encore « plus réel », le monde dans lequel on vit étant le canon du réalisme). J’ai l’habitude de rêver dans un univers (des éléments, des lieux, des événements) pas mal vaporeux, flous, voire brumeux, un peu comme si tous mes rêves se passaient dans le brouillard. Bref, à ce moment-là le brouillard s’est levé et le sentiment de réalisme du rêve s’est vraiment amplifié. Sinon le fait que je savais que je rêvais, il m’aurait probablement été impossible de dire que je n’étais pas dans le « vrai monde ».
Je contrôlais très bien mon corps, mes bras, mes jambes, ma pensée, ma bouche, etc. Pour des raisons que vous comprendrez bientôt, les tests que j’ai pu faire en frais de ce que je contrôlais ou pas sont très limités. En effet, curieusement, ou logiquement, ou stupidement, une des premières réactions que j’ai eu suite à cette reconnaissance a été d’essayer de me réveiller (quel con…). Je me suis alors dit : « Bon, je tape mes mains ensemble et ça va me réveiller ». J’ai tapé mes mains ensemble et il ne s’est rien produit, j’étais toujours dans le rêve. J’ai réessayé une deuxième fois, même chose, toujours dans le rêve. Je me suis souvenu d’un truc que ë. m’avait dit qu’elle avait fait une fois pour se « sortir » d’un de ses rêves; elle avait demandé à sa voisine (toujours dans son rêve) de la réveiller pour fuire une situation déplaisante et elle s’était réveillée.
Ne me demandez pas pourquoi, je me suis dit que la meilleure personne, ou « chose », pour me réveiller était mon chat. Je me suis donc dit : « Grospet, réveille moi! » et je me suis réveillé, le cerveau très « excité » dans mon lit, dans ma chambre, sans Grospet qui était ailleurs dans l’appartement probablement très loin dans ses rêves de chien-chat-ours-humain.
Je me suis levé et j’ai noté immédiatement le plus de choses que je pouvais sur tout ce que je venais de vivre, parce qu’un rêve, ça s’oublie très vite, et il y a quand même des fragments du rêve que je n’arrivais plus à me souvenir.
Bon, c’est peut-être moyennement intéressant, mais moi ça me sert de journal de bord…
Troisième d’une famille de quatre enfants, Föv est en fait une des tétines de Paul Francoeur. Dernières publications : L’église magique, There is a light et Rectal duplication. Voir tous les articles par Föv Tuchte