Voilà un texte un peu lourd et mélangé, mais que je vous soumets car il m’a permit de vomir un peu de mon cerveau sur
cet écran.
Mais quel est l’intérêt de pendre Saddam Hussein?
Quand j’allais encore à l’école, on m’avait dit qu’un jour, dans l’antiquité, chez les Grecs, mettons qu’il y a deux mille quatre cents ans, avait eu le premier procès de l’histoire. Permettant ainsi de ne plus rendre la justice d’un meurtre par une vengeance, mais de dire « ça y est, nous ne sommes plus des bêtes, nous sommes des humains, on va inventer la justice ».
Bon, cela ne nous a pas empêcher de fusiller Ceaucescu et sa femme à la libération de la Roumanie. Et puis c’est vrai ça a l’air courant aux Etats Unis, on assassine les meurtriers pour qu’ils comprennent bien ce que ça fait. Mouais n’empêche que Saddam Hussein aurait pu égorger cent mille vierges et se baigner dans leur sang, et ce ne serait pas une raison suffisante pour le tuer. Certes, c’est facile pour moi qui n’ai perdu aucun membre de ma famille par sa faute. Je n’ai aucune vengeance à réclamer, je ne suis pas habité d’une haine inguérissable envers cette ordure. Seulement, ce n’est pas de le pendre qui lui permettra de se repentir, enfin je ne crois pas. Alors c’est sûr qu’une fois mort, il ne risque pas de recommencer… L’histoire nous montre que certains anciens dictateurs ont réussit à trouver refuge dans leur pays amis pour se la couler douce en attendant une mort sereine. Pourtant je crois qu’il existe des façons plus justes et plus évoluées de rendre la justice.
Une libération n’est jamais propre et le peuple a sans doute besoin d’une catharsis pour pouvoir recommencer son histoire. C’est parce que même nous, deux générations plus tard nous ressentons encore cette horreur de la libération. Quand, dans nos petits villages, les femmes étaient tondues et les collabos, jugés par la foule, étaient fusillé derrière l’église. C’est parce que ces horreurs nous surpiquent encore la conscience que je crois que la méthode américaine n’est pas la bonne. Evidemment, je préfère que nous ayons été libéré dans le sang, plutôt que de vivre encore dans un régime nazi. J’en remercie souvent les Américains, les Canadiens, les Africains, et bien d’autres d’être venu nous sauvés. Pourtant, à l’époque ce ne sont pas eux qui ont orchestré ces procès dont je vous parle. La libération a été une horreur franco-française dont on ne parle pas assez souvent. Nous avons tous nos comptes à régler avec l’histoire, j’aurai juste aimé que ce passé puisse aider le présent en nous évitant de refaire les mêmes erreurs.
Ce qui m’écoeure le plus dans tout ça, n’est pas la mort d’un homme qui la mérite peut être, mais la façon dont le gouvernement américain va récupérer cette vengeance des Irakiens pour justifier l’abattoir. Je vois déjà les images de l’ex-dictateur droit comme un « i » avec sa cravate bien serrée, délectant les chaînes « d’informations » internationales (les guillemets sont importants). Au mieux quelque photos un peu floues de son cadavre satisferont le voyeurisme sordide de leurs téléspectateurs.
Et qu’est ce qu’on y peut hein ? Même l’ONU n’a rien pu faire quand « Môssieur Dabeuliou » a décidé d’envahir l’Irak, malgré son veto. C’est aussi lui qu’on devrait juger aujourd’hui dans un tribunal spécial international pour cette insolence.
A quoi sert une police du monde, si elle ne peut même pas appliquer les lois internationales ? Depuis le jour où les boys sont revenus en Irak, contre cette interdiction, j’ai perdu tout espoir de ne plus vivre dans un monde « chacun pour sa gueule », où les hommes auraient des libertés et où les grands comme les petits auraient des exemples à montrer.
Y a vraiment des jours où l’humanité perd de son humanité.
Romain a quand même fini par rentré chez lui Dernières publications : voiture au biogaz, Au printemps et FCBruges. Voir tous les articles par Rômain lagaule